Mauvaise surprise pour cette institutrice, payée à mi-temps après un remplacement à temps plein: voici pourquoi ce n'est même pas une erreur
Certains profs remplaçants en arrivent à travailler pour 3 euros brut de l'heure, en fonction des règles concernant le statut pécuniaire des enseignants. Mais il pourrait y avoir du changement à moyen terme.

- Publié le 06-03-2024 à 13h39
- Mis à jour le 06-03-2024 à 13h59

Le problème n'est pas nouveau. Aucune solution n'y est pourtant apportée à ce stade, même s'il suscite régulièrement de gros mouvements de mauvaise humeur. En cause : le paiement des prestations de remplacement temporaire effectuées par les enseignants.
Prenons un cas concret : cette institutrice a récemment effectué un remplacement de deux jours, un lundi et un mardi. La consœur dont elle a pris la classe travaille à mi-temps, juste ces deux journées-là chaque semaine. Mauvaise surprise pour la remplaçante : elle n'a été payée qu'à mi-temps, elle aussi, alors qu'elle a pourtant enseigné deux journées complètes…
Explication : les remplacements sont rétribués en fonction de la charge horaire du titulaire absent, quel que soit le volume de la prestation effectuée. Pour un instit, par exemple, un temps plein équivaut à 24 heures en classe par semaine. S'il est engagé pour 6 heures sur 24, son remplaçant sera lui aussi payé à quart-temps.
Selon l'horaire de l'enseignant absent, la surprise peut être très mauvaise au moment de la paie de son remplaçant. Dans cette école, par exemple, deux institutrices se partagent une classe à mi-temps, chacune une semaine sur deux. Celui ou celle qui effectue un remplacement d'une semaine est dès lors rétribué(e) à mi-temps, même s'il ou elle a été en classe du lundi au vendredi. Autant savoir…
À peine 3 euros brut de l'heure
Vous vous souvenez peut-être de la colère de Nathan déjà relayée dans ces pages. Manifestement, lui, il ne savait pas. Des remplacements, il les avait multipliés. Et au moment de recevoir son salaire, il était tombé de haut. L'enseignant s'était en effet rendu compte que, pour certaines prestations, il avait à peine touché 3 euros brut de l'heure !
La députée MR Stéphanie Cortisse a interpellé la ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS) à ce propos, en commission du Parlement, mardi. "Pour pouvoir établir un calcul à la prestation, outre une profonde modification du statut pécuniaire, l'administration devrait connaître les prestations réelles effectuées par les membres du personnel au sein de chaque établissement scolaire. Or, à ce jour, ces prestations ne sont pas connues de l'administration et aucune application ne permet cette communication entre les établissements et l'administration", a-t-elle souligné.
"Les modalités du calcul du traitement des prestations effectuées à titre temporaire sont fixées par l'arrêté royal de 1982 concernant le statut pécuniaire du personnel enseignant, a expliqué la ministre. Et aucune remise en cause ne m'est jusqu'ici remontée du terrain." La situation lui est toutefois bien connue.
Les choses pourraient changer dans le cadre du "projet Cepage". "Il s'agit d'une nouvelle plateforme pour la gestion de la carrière administrative et pécuniaire des personnels de l'enseignement, précise Caroline Désir. Une étude préalable à sa mise en place vient de s'achever." Objectifs : simplifier et harmoniser les processus.
Début de bonne nouvelle : l'opportunité et la faisabilité de corriger la problématique évoquée seront bien examinées.
Mais mauvaise nouvelle : l'implémentation du tout est attendue "d'ici quatre à cinq ans maximum".