Anne-Sylvie Mouzon (PS): "Eviter la faillite pure et dure"

La course contre la montre est lancée pour le Holding communal, qui, après la séparation des branches belge et française de Dexia, détient désormais 14 % de la "bad bank", la banque résiduelle, dont la valeur fond d'heure en heure. Et c'est peu dire que les villes et communes belges, qui y avaient mis une partie de leurs billes, se sentent flouées par la décision survenue ce week-end.

R.Me.
Anne-Sylvie Mouzon (PS): "Eviter la faillite pure et dure"
©Belga

La course contre la montre est lancée pour le Holding communal, qui, après la séparation des branches belge et française de Dexia, détient désormais 14 % de la "bad bank", la banque résiduelle, dont la valeur fond d'heure en heure. Et c'est peu dire que les villes et communes belges, qui y avaient mis une partie de leurs billes, se sentent flouées par la décision survenue ce week-end. " C'est une très mauvaise nouvelle" , explique Michel De Herde (FDF), l'échevin du Budget de l'entité de Schaerbeek qui possède 4 % du Holding communal (soit 72 millions sur 1,8 milliard d'actifs). " D'après un analyste bancaire, la valeur de l'action "Bad Bank" serait d'environ 0,2 euro. Autant dire que le Holding communal court tout droit à la faillite."

Selon l'échevin amarante, il est primordial que le pouvoir fédéral recapitalise le Holding communal, soit un investissement public dépassant les deux milliards d'euros "Mais les premiers signaux ne sont pas très positifs et une telle opacité et un tel silence me font penser qu'il n'existe pas de volonté ou de capacité de le faire." La faillite du Holding communal fera "s'envoler en fumée", selon Michel De Herde, 1,8 milliard d'euros. Soit une somme "que les communes et provinces de Belgique avaient, telles des fourmis, patiemment accumulée dans cette structure". "Les communes devront aussi dire définitivement adieu à leur dividende annuel ordinaire (120 millions en 2008)."

Bref, d'après l'élu schaerbeekois, les pouvoirs publics, "à commencer par les plus faibles d'entre eux comme les hôpitaux publics", connaîtront les "pires difficultés" à financer leur ligne de crédit, voire leur investissement. "Même si, et c'est la seule bonne nouvelle de la journée, avec l'arrivée de l'Etat belge dans la banque Dexia, un certain financement pour les communes devrait être tout de même assuré."

C'est ce que retient aussi Jan Leroy, le directeur de l'Union des villes et communes flamandes, pour qui cet accord est "un soulagement pour les pouvoirs locaux en tant qu'investisseurs", même si "leur rôle d'actionnaires reste encore en suspens". De son côté, l'Union des villes et des communes de Wallonie a réagi de manière mitigée à l'accord, se réjouissant du maintien d'un "partenaire historique", tout en s'inquiétant aussi de la valeur des actions détenues via le holding.

Car c'est l'incertitude totale dans ce dossier : que va devenir ce holding, structure historique en Belgique ? "L'objectif est d'éviter la faillite pure et dure", explique sa vice-présidente, Anne-Sylvie Mouzon (PS), qui espère trouver un accord avec les créanciers de la structure (Dexia Banque Belgique et d'autres banques, les Régions ) dans le cadre de l'article 15 de la loi sur la continuation des entreprises. "Une faillite serait catastrophique pour toutes les parties en présence." Et, selon la députée bruxelloise, "il faut aller vite". "D'ici vendredi, on doit savoir dans quelle direction on se dirige et si on est soutenu par les pouvoirs publics. Si la mayonnaise ne prend pas, on devra en tirer une seule conclusion : la faillite pure et simple". Selon l'élue PS, le cas Dexia démontre que "les pouvoirs publics doivent peser de tous leur poids quand les banques privées ne remplissent plus leur rôle premier".

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