La société wallonne ALX Systems joue gros avec le "Vanguard", drone autonome et intelligent
Geoffrey Mormal, fondateur et patron de ALX Systems, est de retour de Las Vegas. L'entrepreneur liégeois en est déjà à sa quatrième participation au Consumer Electronics Show (CES), dont trois comme exposant sur l'un des stands Digital Wallonia. "On a dû avoir une cinquantaine de meetings, se réjouissait-il vendredi dernier . On aura besoin d'au moins trois mois pour digérer ça !".

- Publié le 15-01-2020 à 17h34
- Mis à jour le 20-01-2020 à 14h50

Geoffrey Mormal, fondateur et patron de ALX Systems, est de retour de Las Vegas. L'entrepreneur liégeois en est déjà à sa quatrième participation au Consumer Electronics Show (CES), dont trois comme exposant sur l'un des stands Digital Wallonia. "On a dû avoir une cinquantaine de meetings, se réjouissait-il vendredi dernier. On aura besoin d'au moins trois mois pour digérer ça !".
Cet informaticien a un moral à toute épreuve ! Car c'est peu d'affirmer que M. Mormal et ses collaborateurs sortent de plusieurs mois difficiles. Mais le patron de ALX Systems s'accroche, convaincu que son "produit" répond aux besoins de nombreuses entreprises. "On fait tout ce qu'il faut pour que 2020 soit un tournant positif pour ALX".
Geoffrey Mormal a débarqué à Las Vegas avec le prototype d'un drone autonome et intelligent, le "Vanguard". "On voulait absolument le présenter au CES afin d'avoir des premiers retours. Et ils sont très bons! Le drone et ses fonctionnalités semblent répondre aux attentes du marché que nous ciblons. Pour les équipes de ALX, qui ont travaillé 18 mois sur ce projet, c'est déjà une première victoire".
1 000 exemplaires précommandés
Le Vanguard a été développé pour accomplir des missions civiles et militaires. Avec une charge utile pouvant aller jusqu'à 30 kg et une autonomie de vol comprise entre 15 et 75 minutes, l'un de ses atouts majeurs est de résister aux environnements les plus hostiles (interférences électromagnétiques, décharges électriques, brouillage des communications et de données GPS, intempéries). Le Vanguard, équipé de son propre système d'exploitation (ALX OS), inclut une série de fonctionnalités (évitement actif des obstacles, partage de connaissances, atterrissage précis,…). Il permet aussi l'analyse de données en temps réel grâce à un algorithme d'intelligence artificielle (ALX Vision).
"Nous sommes aujourd'hui dans une course contre la montre pour délivrer les premiers exemplaires du Vanguard en mai, indique le CEO de ALX Systems. Nous avons reçu une précommande de 1 000 exemplaires pour le compte d'un gros client européen actif dans la livraison de colis".
Le volontarisme et l'optimisme de Geoffrey Mormal contrastent, le moins qu'on puisse dire, avec le scepticisme de certains acteurs de l'écosystème start-up wallon… L'origine est à trouver, semble-t-il, dans la tentative avortée d'opérer, en août 2019, une levée de fonds de plusieurs centaines de milliers d'euros. "Cette levée était indispensable pour développer la partie 'hardware' du drone, justifie M. Mormal. C'était ça ou mourir". Les choses n'ont pas pris la tournure espérée puisque le "deal" pressenti, qui devait notamment impliquer Sambrinvest, n'a pas eu lieu.
En mai 2018, ALX Systems, alors concentrée sur la partie "software" du projet, avait réussi à lever 1 million d'euros auprès du W.IN.G. (fonds du numérique wallon), de CMI Defence (devenu John Cockerill Defence), du réseau Be Angels et d'investisseurs privés. Cet apport de capital devait permettre à la société d'accélérer son développement commercial tout en poursuivant le perfectionnement de ses logiciels. Mais, faute d'avoir respecté le "business plan" et en raison de relations tendues entre M. Mormal et son conseil d'administration, les actionnaires auraient alors freiné les ardeurs de ALX Systems.
WSL à la rescousse
Aujourd'hui, la start-up liégeoise est repartie à la recherche de fonds pour assurer l'envol du Vanguard et ouvrir une succursale aux Etats-Unis. Il est question de lever 6 millions d'euros auprès de fonds d'investissement et d'industriels nord-américains. Par ailleurs, on notera que ALX Systems vient d'intégrer le giron du WSL, qui est l'incubateur wallon des sciences de l'ingénieur dirigé par Agnès Flémal, avec la volonté d'aider Geoffrey Mormal à mieux structurer son entreprise et, moyennant un "business plan" remanié, à trouver les fonds escomptés. Mais, comme nous le dit une source proche du dossier, "il y a le feu au lac"!
