"Nous offrons un bon rapport qualité/prix sur les vins belges"
Delhaize veut être la référence de la grande distribution pour la production du plat pays.

- Publié le 23-09-2023 à 15h32

Les vins belges sont désormais tendance, mais n'ont pas encore réussi à convaincre tout le monde. Alain Renier, acheteur vin chez cora, reste très sceptique et n'en propose pas pour l'instant. Il les trouve "trop chers". "J'attends de trouver un bon rapport qualité/prix et un producteur qui veut bien travailler avec cora".
Delhaize, pour sa part, ne partage pas cet avis et pousse même les vins belges depuis quelques années maintenant puisque la première bouteille proposée en magasin date déjà de 2016. L'enseigne veut d'ailleurs se profiler comme la référence pour le vin belge et table même sur des ventes supérieures à 150 000 bouteilles dès 2025. "Nous voulons être le porte-parole des vins belges", souligne Alain Pardoms, responsable des achats. "Nous voulons ouvrir l'esprit des consommateurs belges à goûter et à acheter des vins belges. C'est pour cela que, quand nous en avons l'occasion, nous les proposons en dégustation".
150 000 bouteilles par an
Pour arriver à ce chiffre, Delhaize doit logiquement avoir une offre diversifiée. C'est déjà le cas puisque l'enseigne compte à ce jour 9 collaborations avec des producteurs belges – parmi lesquels le domaine Hoenshof, le Château Bon Baron et le domaine de Meerdael – et propose 15 références dans son assortiment.
La démarche ces derniers temps a consisté à sélectionner des vins "que l'on puisse mettre en bouteille dans nos chais" explique-t-il. "Les vins que nous mettons-nous même en bouteille nous permettent d'avoir des prix très intéressants. Le vin belge est, c'est vrai, quand même plus cher, vu les coûts de production. Nous arrivons grâce à cette approche à pouvoir proposer des vins entre 8 et 12 euros la bouteille, en promotion. Cela permet d'offrir un rapport qualité/prix très intéressant pour les vins belges".
Quand est-il, justement, de la qualité ? Elle est variable, et cela s'explique. "La qualité dépend de la qualité du millésime. Avec des millésimes comme les 2020 ou 2022, produire des vins de qualité a été facile à trouver car l'été a été chaud. Dans les millésimes un peu plus compliqués, c'est la technique de l'assemblage qui fait la différence. Nous allons alors chercher différents cépages que l'on assemble pour se rapprocher de la qualité que l'on a facilement les bonnes années. Nous devons aussi reconnaître humblement que la qualité sera légèrement moindre. Le client aime de plus en plus des vins fruités, souples, équilibrés, c'est-à-dire une acidité qui n'est pas agressive, soit des vins plus faciles à boire. C'est un peu ce que l'on va trouver dans les vins belges".
