La compagnie Wizz Air, active à l'aéroport de Charleroi, a testé avec succès du carburant durable sur 50 vols
La compagnie aérienne Wizz Air, qui opère notamment à l'aéroport de Charleroi (BSCA), a réalisé avec succès des essais de carburant durable (SAF) sur plus de 50 vols, a-t-elle annoncé jeudi à l'occasion d'une table ronde organisée à l'aéroport de Charleroi, en présence de responsables d'Airbus et du pétrolier espagnol Moeve.

- Publié le 16-01-2025 à 16h02

Le SAF, pour "sustainable aviation fuel" ou carburant d'aviation durable, n'est pas produit à partir de sources fossiles, comme le kérosène traditionnel, mais à partir de ressources non fossiles tels des huiles usagées ou des déchets agricoles. Depuis le 1er janvier 2025, les fournisseurs doivent veiller à ce que le carburant mis à la disposition des compagnies aériennes opérant au départ d'un aéroport de l'Union européenne contienne au minimum 2% de SAF. Une part qui passera à 6% en 2030, à 20% en 2035 et à 70% en 2050.
Le SAF est la pierre angulaire, aux côtés du développement d'avions moins énergivores ou d'appareils volant à l'hydrogène, de la décarbonation, particulièrement difficile, du secteur aérien. Mais les écueils ne manquent pas: la production de SAF reste, pour l'heure, insuffisante et ce carburant durable est jusqu'à quatre fois plus cher que le kérosène classique. Tous les acteurs du secteur regardent donc vers les autorités avec l'espoir d'obtenir plus d'aides financières.
"Ce coût supplémentaire est un problème pour une compagnie low cost comme la nôtre qui ne veut pas le répercuter sur ses clients. Il faut des incitants", a résumé jeudi Yvonne Moynihan, ESG officer chez Wizz Air. D'autant qu'une enquête menée par la compagnie auprès de ses passagers montre que si deux tiers des répondants préfèreraient des vols émettant moins de CO2, plus d'un tiers des voyageurs ne sont pas prêts à payer un supplément.
Wizz Air a dressé, jeudi devant la presse, un bilan positif de ses essais autour du SAF, menés en collaboration avec Airbus et BSCA. Ces tests ont permis de démontrer la faisabilité de l'incorporation de carburant durable dans ses opérations régulières. Mais l'expérience a mis également en avant des défis en matière de logistique.
Du côté de l'aéroport de Charleroi, on veut encourager le recours au SAF, au-delà même du seuil obligatoire. "C'est pourquoi, en plus de travailler sur un incitant financier pour les compagnies aériennes, BSCA s'est associé à la Sowaer (NDLR : la Société wallonne des aéroports) et au gouvernement wallon pour faciliter la mise à disposition du SAF en Wallonie via une unité de production locale, un pas important vers un avenir durable pour le secteur aéronautique", explique Quentin Evrard, en charge du développement durable à l'aéroport wallon.
Du côté d'Airbus, Julien Manhes a rappelé que la dernière génération d'avions du constructeur européen consomme 20% de carburant de moins que la précédente. Et si les appareils actuels permettent d'utiliser jusqu'à 50% de SAF dans le mélange, sans modifier les moteurs, l'industrie s'est engagée à ce qu'il soit possible, pour 2030, de voler avec 100% de carburant durable, a encore souligné le responsable SAF au sein d'Airbus.
