Immobilier : les aficionados belges de l'Espagne bientôt favorisés ?
Libre Immo | Le gouvernement espagnol envisage de taxer lourdement l'achat d'un bien immobilier en Espagne pour les acquéreurs non-européens.

- Publié le 08-02-2025 à 16h07

Le 13 janvier dernier, le président du gouvernement espagnol annonçait douze mesures chocs pour lutter contre la crise du logement. L'une d'elles vise à freiner l'achat de biens immobiliers par des étrangers non-résidents de l'Union européenne, en limitant les ventes et en taxant jusqu'à 100% de la valeur du bien lors de l'acquisition, rapporte l'agence immobilière belgo-espagnole Zapinvest dans un communiqué, ajoutant que si "cette mesure était votée par le Congrès, les acquéreurs belges auraient moins de concurrents pour saisir la résidence secondaire de leurs rêves."
En Espagne, les prochaines élections générales sont prévues en 2027 mais des spéculations circulent toutefois quant à la possibilité d'élections anticipées en 2025, rappelle Zapinvest qui précise que l'immobilier se place parmi les principaux sujets d'attention de ce début d'année. "Le Parti Populaire (PP) a communiqué un programme de dix mesures concernant le logement, suivi, dès le lendemain, par le parti socialiste : Pedro Sánchez, secrétaire général du PSOE et président du gouvernement a présenté un plan choc de douze mesures visant trois objectifs : avoir "plus de logements', permettre 'une meilleure régulation', et offrir 'des aides plus importantes'."
Dans un marché immobilier où les prix augmentent et où la demande est bien supérieure à l'offre, les Espagnols peinent à se loger, cadre Zapinvest. Le gouvernement prévoit notamment dans son plan d'augmenter l'offre de logements sociaux, d'encourager les rénovations immobilières avec mise en location à des prix abordables et de réglementer davantage les locations saisonnières.
Si elle entre en vigueur, la mesure pourrait bénéficier aux acquéreurs belges."
Les étrangers en ligne de mire
Près de 15 % des acquéreurs de biens immobiliers en Espagne sont des étrangers. Parmi eux, les Belges figurent traditionnellement dans le top dix des nationalités amatrices de résidences secondaires en Espagne avec, en moyenne ces dernières années, une douzaine d'acquisitions par jour.
Le plan logement de Pedro Sánchez vise particulièrement les étrangers non-résidents de l'Union européenne. En 2023, ces derniers ont acheté quelque 27 000 maisons et appartements en Espagne selon de chef du gouvernement qui prévoit la limitation des acquisitions et la taxation des biens jusqu'à 100 % de leur valeur. Ces mesures toucheraient en premier lieu les Britanniques qui dominent le classement des acquéreurs étrangers (8,5 % d'entre eux selon les dernières statistiques du Bureau d'enregistrement). Les Marocains, les Chinois, les Ukrainiens et les Américains seraient les autres acquéreurs étrangers non-européens les plus touchés.
"Pour entrer en vigueur, cette mesure devra être votée par le Congrès, la Chambre basse du parlement espagnol, commente Jonathan Buchet, CEO Belgium de Zapinvest, cité dans le communiqué. Ensuite, les Communautés autonomes pourraient l'appliquer différemment car elles ont le pouvoir de fixer leurs propres taux d'imposition. Donc, rien n'est fait. Mais si elle entre en vigueur, la mesure pourrait bénéficier aux acquéreurs belges : la concurrence serait moins rude pour saisir les opportunités dans les biens neufs. En attendant, cela risque de faire des vagues sur la côte ces prochains mois car l'annonce pourrait avoir l'effet inverse, en poussant les étrangers non-européens à accélérer leur projet d'acquisition et à probablement pousser les prix à la hausse dans les régions touristiques."
Les régions espagnoles qui séduisent actuellement le plus les étrangers sont les Iles Baléares (un tiers des acquisitions par des étrangers), la région de Valence (la Costa Blanca, 28 % des acquisitions), les Canaries, la région de Murcie (la Costa Calida), la Catalogne et l'Andalousie (la Costa del Sol).
