Location touristique en Espagne : coup dur pour les propriétaires belges
Les copropriétés vont avoir le pouvoir de décider si les logements pourront accueillir des touristes. Un coup dur pour certains Belges.

- Publié le 10-04-2025 à 14h31

Depuis début avril, une nouvelle loi espagnole encadre plus strictement la location touristique, suscitant l'inquiétude de nombreux Belges propriétaires d'un bien sur place. Environ 71 000 Belges possèdent une résidence secondaire en Espagne – selon les chiffres officiels du SPF Finances – et près de la moitié la louent, totalement ou partiellement, selon les derniers chiffres de l'agence immobilière Azull.
La nouvelle législation donne désormais plus de pouvoir aux copropriétés (communidades de vecinos) : pour louer à des fins touristiques, il faut l'accord d'une majorité de 3/5e des copropriétaires. On parle donc de tous ces complexes, plus ou moins grands, d'appartements, dans lesquels de nombreux Belges investissent, que ce soit pour y passer leur pension, ou, dans un premier temps, en vue de louer le plus possible pour rembourser leur prêt hypothécaire.
Cette mesure vise en fait à limiter l'impact du tourisme sur le marché immobilier local dont les prix ont explosé, au détriment des acheteurs locaux, et à répondre aux plaintes du secteur hôtelier, qui estime que la concurrence est de plus en plus forte, entre les hôtels et les appartements mis en location.
Cette loi ne s'applique pas aux locations longue durée
Par contre, cette loi ne s'applique pas aux locations longue durée ni à ceux disposant déjà d'une licence touristique valide. En revanche, elle complique les démarches pour les nouveaux acheteurs, notamment ceux qui ont acheté sur plan ou dont le bien n'est pas encore achevé.
Par ailleurs, la situation varie selon les régions et les types de biens. Les résidences avec beaucoup de propriétaires loueurs facilitent l'obtention des autorisations, contrairement aux immeubles habités par des retraités ou des résidents permanents. Pour les villas hors copropriété, la règle ne s'applique pas.
Enfin, louer sans licence est fortement déconseillé : des contrôles sont effectués, et les amendes peuvent grimper jusqu'à 600 000 €. Malgré ces restrictions, un tiers des loueurs déclarent un rendement net de 3 à 5 %, surtout dans les zones touristiques où le prix au mètre carré dépasse largement la moyenne nationale.
