Les jeunes dépensent beaucoup: près de 3000 euros par an pour se faire plaisir en Horeca et livraisons, bien plus que les boomers plus aisés
Le Belge dépense en moyenne 500 euros en plus dans l'Horeca qu'il y a quelques années. Mais cela est malgré tout à prendre avec une certaine nuance.

- Publié le 05-11-2024 à 14h30
- Mis à jour le 05-11-2024 à 20h38

2 828 euros. C'est ce que dépense en moyenne le Belge par an dans le secteur de l'Horeca, autrement dit la restauration et l'hôtellerie. Un montant compté pour l'année 2022 par Statbel, bien supérieur de l'époque pré-Covid lorsque le budget moyen était de 2 351 euros en 2018.
Si ce chiffre peut paraître élevé, il est cependant à prendre avec des pincettes. Cela a déjà été mentionné, l'Horeca se porte mal. Rien qu'à Bruxelles, 208 faillites ont été constatées dans le secteur en un mois. Les raisons de ces difficultés sont connues : une hausse des salaires, des prix de l'énergie et des matières premières alimentaires.
Comment expliquer donc que le secteur se porte si mal alors que les Belges dépensent plus ? Une explication se trouve dans le profil de la clientèle ainsi que dans la répartition des dépenses des Belges.
"Ontkoking"
Pour comprendre ces chiffres, il faut savoir ce qu'on calcule. Dans le montant de 2 828 euros dépensés en restauration et hôtellerie, le terme restaurant a un sens bien plus large que l'on pourrait penser. En effet, cela inclut les restaurants traditionnels et haut de gamme, mais aussi les friteries, kebabs et autres petites enseignes destinées aux plats à emporter ou en livraison.
C'est avec cette dernière nuance que ce montant peut s'expliquer. Les Pays-Bas ont un terme pour cela : ontkoking (ou "dé-cuisine", littéralement). Concrètement, cela signifie que les personnes ont de plus en plus tendance à se tourner vers des repas rapides, consommés sur place ou commandés en livraison (avec Uber, Deliveroo, Takeaway et autres plateformes) plutôt que de cuisiner un plat soi-même.
En général, cette tendance permettrait de gagner du temps et de libérer une certaine charge mentale de devoir penser systématiquement à une idée de plat. Ajouter à cela que les plats proposés sur ces plateformes ne sont plus systématiquement des plats considérés comme gras, des alternatives plus saines étant proposées grâce à une offre de plus en plus diversifiée.
Un phénomène qui se rencontre surtout sur la jeune génération. En effet, parmi la génération Z et les "milléniaux" (ou "Millenials", soit avant 35 ans), 20 % d'entre eux ont un contact chaque semaine avec un restaurant, que ce soit via une plateforme ou en se rendant dans la petite enseigne ou le kebab du coin de la rue. Parmi la population belge plus âgée, celle des "baby-boomers", ils ne sont que 6 % à se rendre dans un restaurant. Une différence claire entre les générations.
En comprenant cette nuance, on peut déduire que le fait que les Belges dépensent plus dans l'Horeca ne signifie pas nécessairement que le secteur se porte bien. Entre l'inflation galopante depuis plusieurs années et la montée en puissance des plats à emporter, l'Horeca devrait se réinventer.