Le secteur du luxe : il faut privilégier la qualité
Certaines sociétés actives dans le luxe bénéficient à la fois de perspectives à long terme et d'une croissance régulière de leur chiffre d'affaires.
- Publié le 09-06-2025 à 17h06

Le secteur du luxe se caractérise par une croissance visible de la demande pour ce type de biens qui tend à être relativement résiliente. "Les perspectives de croissance des revenus pour ces sociétés sont importantes et peuvent atteindre 10 % par an, constate Kevin Thozet, membre du comité d'investissement chez Carmignac. Historiquement, ce type de biens sont moins impactés par la conjoncture économique que les autres biens de consommation discrétionnaire." Ces valeurs, si elles sont de qualité premium, sont plus résilientes et moins sujettes aux fluctuations boursières.
L'acquisition de ces produits de luxe est souvent associée à l'attachement à un certain statut social. Ils sont donc hautement désirables."
"Des biens uniques"
Ce gestionnaire avoue avoir un faible pour le secteur du luxe en raison de plusieurs de ses qualités. "Ces entreprises produisent des biens uniques qui sont difficilement comparables avec d'autres produits. L'acquisition de ces produits de luxe est souvent associée à l'attachement à un certain statut social. Ils sont donc hautement désirables", pointe Kevin Thozet.
Ce sont des marchés qui sont davantage portés par une dynamique de l'offre que de la demande. Il y a un effet de rareté qui est mis en place par certaines de ces sociétés dans la stratégie de distribution. On peut faire ici référence aux listes d'attente de plusieurs mois pour l'acquisition d'une Ferrari ou pour certains sacs chez Hermès.
Mais, au sein de ce segment de marché, toutes les valeurs ne se valent pas selon ce spécialiste des marchés. "Nous nous intéressons aux marques premium du secteur du luxe qui appliquent ces critères à la lettre et qui ont un pouvoir important dans la fixation des prix. Nous privilégions alors des sociétés telles que Ferrari ou Hermès."
Fort engouement post-Covid
Les actions du secteur du luxe ont connu un fort engouement après la réouverture post-Covid. Les consommateurs qui avaient accumulé une épargne excédentaire durant cette période se sont tournés vers ces biens de consommation discrétionnaire. La trajectoire des ventes a bondi en deux ans avec une croissance de 20 % par an entre mi-2021 et mi-2024.
Le tassement des ventes de certaines maisons de luxe peut s'expliquer par des hausses de prix importantes qui ont entraîné une fatigue et un désintérêt de la part de certains consommateurs.
Mais, depuis lors, le secteur est à la peine et certaines actions affichent des performances boursières négatives. "Le marché a projeté ces résultats extraordinaires comme étant la nouvelle donne. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Cependant, certains acteurs ont mieux résisté comme Hermès contrairement aux groupes LVMH ou Kering (Gucci, Saint-Laurent, …) qui ont vu leurs ventes baisser plus drastiquement", remarque ce gestionnaire.
Le tassement des ventes de certaines maisons de luxe peut s'expliquer par des hausses de prix importantes qui ont entraîné une fatigue et un désintérêt de la part de certains consommateurs.
Durant le premier trimestre 2025, on constate que la demande pour ce type de biens tient mais est moins forte. Le rythme des ventes aux États-Unis et en Europe continue à croître mais est moins soutenu. En Asie, et plus particulièrement en Chine, les ventes sont en territoire négatif.
Des marges élevées
Comment peut-on qualifier ces valeurs ? "Avec des sociétés comme Ferrari ou Hermès, nous parlons de valeurs de qualité dans un portefeuille. Ces sociétés ont des marges élevées avec des tendances visibles à long terme portées par l'offre de produits. À long terme, elles ont leur place dans les portefeuilles même si, à court terme, des facteurs d'incertitude persistent", relève Kevin Thozet.
Ces entreprises ont un actionnariat familial qui a une vision à long terme et leur modèle d'affaires est moins sensible aux évolutions de l'inflation.