"Nous manquons absolument de tout" : le Burundi plongé dans le noir après une nouvelle pénurie
Nouvelle pénurie. Une grande partie de la population est privée d'électricité.

- Publié le 12-08-2025 à 11h14
- Mis à jour le 12-08-2025 à 13h28

"Tout devrait rentrer dans l'ordre le 14 août", explique Jean-Pierre T., un Burundais installé en Belgique qui se veut rassurant. Après trois jours sans contact avec sa famille, il vient enfin de parler à son grand frère ce lundi.
"La Regideso, la société nationale chargée de gérer l'électricité, a annoncé au début du mois que plusieurs provinces allaient subir des perturbations dans la fourniture du courant. En cause des travaux dans une cabine. Pas d'autre explication. Depuis, le 4, c'est l'enfer au pays" et cela devrait durer au moins jusqu'au 14, selon le communiqué de la Regideso. Au pays, beaucoup pensent que le calvaire se poursuivra au-delà de cette date."
Bujumbura, la capitale économique et le lieu névralgique du pays, est au bord de la crise de nerfs. "Ici, tout est à l'arrêt", nous explique un habitant de la ville, contacté brièvement ce lundi. "On sera bref aujourd'hui, lâche-t-il. Charger un GSM est devenu un sport olympique et on peut franchement briguer la médaille d'or", ajoute-t-il.
"La chute du pays se précise"
Les générateurs tournent à plein. Mais la pénurie d'essence est une autre réalité dans ce pays que le président de la république, le général Évariste Ndayishimiye, continue de présenter comme l'Éden sur terre. Du coup, beaucoup de boutiques sont restées portes closes ce lundi, comme parfois depuis près d'une semaine. "Il est devenu impayable de faire fonctionner les générateurs. Du coup, il n'y a pas de lumière dans la boutique. Donc on est dans le noir et on ne peut pas travailler", explique un commerçant qui se console en se disant qu'il ne vend rien de périssable avant de poursuivre : "certaines morgues ont demandé aux parents des défunts de reprendre les corps et de les enterrer rapidement. Quel pays peut vivre dans ces conditions. Nous ne sommes même pas en guerre. Le président a envoyé des troupes défendre le régime congolais, mais notre pays n'est pas en guerre et pourtant nous manquons absolument de tout. La chute du pays se précipite. Les problèmes économiques succèdent aux crises sociales", poursuit notre commerçant. La plupart des membres de ma fille ont dû s'exiler. "On n'a plus le choix. C'est l'exil ou la mort".