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"Ce qui me frappe le plus, c'est la capacité des Biélorusses à s'adapter à la répression"

Ioulia Shukan, maîtresse de conférence en études slaves à l'université Paris-Nanterre, observe la société biélorusse depuis des années. Elle, qui avait couvert avec passion la révolution ukrainienne, ne pouvait pas passer à côté de la mobilisation populaire qui éclatait dans son pays natal, la Biélorussie.

"Ce qui me frappe le plus, c'est la capacité des Biélorusses à s'adapter à la répression"
©AFP

À la lumière de ses deux semaines passées parmi les habitants de Minsk, elle éclaire cette contestation sans précédent par le prisme de la sociologie du changement politique. "La mobilisation réactive l'identification à la nation biélorusse et le sentiment d'appartenance et de fierté", remarque-t-elle.

Un réveil citoyen

"Ce qui me frappe le plus, c'est la capacité des Biélorusses à s'adapter à la répression"
©AFP

Pendant des années, malgré des sursauts protestataires, en 2006 ou 2010 notamment, le peuple biélorusse s'est montré patient, résilient, apolitique. Il aspirait plus que tout à la stabilité et à la paix. Alexandre Loukachenko lui offrait un certain niveau de vie en contrepartie de la confiscation de ses droits politiques. Les jeunes grandissaient dans l'idée que s'engager non seulement s'avérait risqué mais, en plus, ne servait à rien. Ils ne se reconnaissaient pas forcément non plus dans l'opposition traditionnelle à Loukachenko. Aujourd'hui, les Biélorusses se sont "redécouverts en tant que citoyens" et se "projettent dans la nation civique dont le contour se dessine à travers la mobilisation".

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