La Conférence sur l'avenir de l'Europe s'achève sous le feu des promesses
Quelque 300 citoyens européens ont remis 49 propositions déclinées en 300 actions concrètes.
- Publié le 09-05-2022 à 23h38

Les quelque 300 citoyens européens tirés au sort pour participer à la cérémonie de clôture de la Conférence de l'avenir de l'Europe étaient pimpants ce lundi. Arrivés la veille, ils avaient longuement préparé l'événement en répétant et chronométrant les interventions de ceux qui devaient prendre la parole, orateurs qui, le matin du jour J, avaient eu droit à un passage dans les salons de coiffure et de maquillage du Parlement européen de Strasbourg.
Un accueil privilégié qui ne leur avait cependant pas fait baisser la garde. Pour eux, cette journée du 9 mai était un premier aboutissement, en aucun cas un point final. Désormais au fait des questions européennes après une année entière d'engagement, tous ont la ferme intention d'être associés au suivi des 49 propositions déclinées en 300 actions concrètes remises aux coprésidents de la Conférence ainsi qu'aux présidents des trois institutions européennes que sont Ursula von der Leyen pour la Commission, Roberta Metsola pour le Parlement et Emmanuel Macron au titre de l'actuelle présidence française du Conseil de l'Union européenne.
Cette "suite" leur a été promise "dès septembre" par la présidente de la Commission européenne Ursula von Der Leyen qui s'est engagée à dresser un premier bilan d'étape lors de son prochain discours sur l'état de l'Union devant le Parlement européen.
Mais au-delà de cette annonce qui devrait se concrétiser par la liste des mesures déjà engagées par l'Union européenne et de celles qui pourront l'être sans modification des Traités, c'est la réponse positive des présidentes et président des trois institutions européennes à cette perspective de révision - encore très aléatoire - qui a réjoui les citoyens associés à la Conférence. Pour eux, elle est incontournable si on veut "une Europe forte et protectrice", conviction qui, en l'état actuel des choses, n'est pas partagée par dix des vingt-sept États membres de l'Union puisque les trois pays baltes, les trois pays nordiques, la Bulgarie, la Slovénie, la République tchèque et Malte ont d'ores et déjà exprimé leur opposition à une Convention préalable à la réouverture des Traités et cela même en dépit de la Résolution adoptée en ce sens par le Parlement européen lors de sa plénière de la semaine dernière.
Vers une communauté politique européenne" ?
Les discussions seront âpres, Emmanuel Macron a d'ailleurs confirmé en conférence de presse que sa promesse en ce sens n'engageait que lui-même et la France.
Très déterminé lors de son discours qui a clos la cérémonie et a été salué par une standing ovation de la salle, le président français a surpris l'auditoire en appelant à la création d'une "communauté politique européenne" destinée à renforcer les liens de l'Union avec des pays tiers issus du continent, candidats - ou non - à l'adhésion. Cette "organisation européenne nouvelle" pourrait ainsi répondre rapidement à la demande de pays comme l'Ukraine mais aussi la Moldavie, la Géorgie etc. dont la candidature mettrait "des années voire des décennies" à aboutir. Il s'agirait d'un nouveau cadre qui permettrait "aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération", a déclaré le président français qui a réaffirmé le soutien de l'Europe "à l'Ukraine, au président Zelensky et au peuple ukrainien".
"Il faut finir cette guerre au plus vite", a-t-il dit, "la Russie ne peut l'emporter", "l'Ukraine doit définir les conditions de négociation et nous devons être à ses côtés pour reconstruire l'Ukraine en Europe". En l'associant dans un premier temps au sein d'une entité intermédiaire qui pourrait également être ouverte au Royaume-Uni d'après Brexit, a précisé Emmanuel Macron.
Aux "spécialistes de la vie réelle" que sont les citoyens européens, il a promis que la France ne se déroberait pas à la "tâche historique" qui incombait désormais à l'Union européenne.
On a toutes les raisons de croire à son engagement sans toutefois oublier que la présidence française du Conseil de l'Union européenne se terminera le 30 juin prochain, ce qui lui donnera moins de latitude dans un cénacle où les décisions se prennent à 27.