Guerre en Ukraine : les nouvelles technologies militaires russes provoquent de plus en plus de victimes civiles
Selon le média russe Verstka, le nombre de victimes civiles a considérablement augmenté suite au développement de nouvelles technologies militaires russes.

- Publié le 03-08-2024 à 15h23
- Mis à jour le 04-08-2024 à 11h00

Dans un rapport cité par le média indépendant Meduza, le site d'information explique que les régions ukrainiennes proches de la frontière, avec une forte concentration dans la région de Kharkiv et du Donetsk, connaissent une augmentation du nombre de victimes civiles. lors du premier semestre 2024, près de 806 civils ont été tués et 3585 ont été blessés. Ceci s'explique par un accroissement du nombre de bombes aériennes larguées par l'armée russe.
Interrogé par Verstka, David Sharp, un expert militaire israélien, explique que ces bombes menacent davantage la vie des civils ukrainiens près du front. La fréquence des bombardements a fortement grimpé, passant de près de 50 largages par jour (environ 1500 par mois, NdlR) au premier semestre de 2023 à 3000 par mois pour le premier semestre 2024, selon l'armée ukrainienne.
Grâce à son économie de guerre et son industrie de défense florissante, la Russie a lancé la production en masse de modules de planage et de correction unifiés (UMPK), précise Sharp. Ce module est une technologie militaire permettant de convertir une bombe classique en une bombe guidée. Une avancée qui limite la perte d'avions militaires employés pour le largage des bombes, car le module UMPK permet l'envoi d'obus à plusieurs dizaines de kilomètres. Ces attaques peuvent donc être menées directement depuis la Russie. "Les bombes atteignent une zone proche de la cible sans mettre les bombardiers en danger", dit l'expert. Une technologie qui ressemble beaucoup au kit américain JDAM (Joint Direct Attack Munition), selon David Sharp qui qualifie l'UMPK de copie "improvisée". En plus de cela, les bombes employées sont plus puissantes qu'auparavant en passant de 250 kilogrammes à 3 tonnes.
Si au début les Russes concentraient leurs attaques sur les zones de front, de nombreuses bombes ont finalement été larguées sur la ville de Kharkiv, la capitale de la région, touchant plus de civils. Selon le maire de la ville, Igor Terekhov, 19 obus ont été largués durant le mois de juin 2024.
Entre "un missile et une bombe guidée"
L'UMPK n'est pas la seule grande avancée de l'armée russe. En effet, la nouvelle bombe UMBP D-30SN, mélange entre "un missile et une bombe guidée" selon l'armée ukrainienne, a permis à Moscou d'atteindre aisément Kharkiv. Plus perfectionné, cet engin équipé d'un moteur et d'un guidage par satellite, a une portée de 90 kilomètres et peut être envoyé depuis le sol.
Drones de reconnaissance améliorés
Le développement de drones de reconnaissance améliorés met également à mal la défense ukrainienne, selon le chercheur militaire Kirill Mikhailov. Discrets, ces appareils pénètrent dans le territoire ukrainien et permettent à l'armée russe de localiser les systèmes radar et de défense aérienne, qui ne sont eux-mêmes pas capables de détecter ces drones. Pour y faire face, les forces ukrainiennes tentent néanmoins de les contrer grâce à de petits drones FPV, piloter en temps réel afin d'entrer en collision avec les drones russes.