"La Russie est militairement invincible"
Lors d'une rencontre avec le chancelier allemand, Olaf Scholz, Kassym-Jomart Tokaïev, le président du Kazakhstan, s'est exprimé sur la guerre entre l'Ukraine et la Russie ainsi que sur les tensions dans la région.

- Publié le 16-09-2024 à 17h08

Pour le Kazakh, la Russie est "militairement invincible". "Une nouvelle escalade de la guerre entraînerait des conséquences irréparables pour toute l'humanité et, surtout, pour tous les pays directement impliqués dans le conflit russo-ukrainien. Malheureusement, une bonne chance de parvenir au moins à une trêve a été perdue avec le refus de conclure l'accord d'Istanbul. Mais l'opportunité de parvenir à la paix existe toujours", a-t-il déclaré.
Kassym-Jomart Tokaïev affirme que les autres initiatives de paix lancées par différents pays doivent être analysées, notamment les plans proposés par la Chine et le Brésil. Un cessez-le-feu devra ensuite être mis en place de manière effective et seulement après les questions territoriales pourront être discutées. "Les dirigeants des États vont et viennent, mais les peuples, en particulier les peuples voisins, doivent vivre dans la paix et la compréhension mutuelle", explique-t-il.
Le Kazakhstan est dans une position particulièrement complexe étant donné qu'il partage une grande portion de frontière terrestre avec la Russie. L'équilibre entre les deux pays est donc un élément essentiel pour sa survie. "La coopération entre nos pays se développe dans le cadre d'un partenariat et d'une alliance stratégiques", déclare Tokaïev. Une escalade ou la montée de tension entre les deux Etats n'est donc pas souhaitable selon le président kazakh. Néanmoins, il confirme ne pas rejoindre la Russie concernant ses visées expensionnistes. "Au Kazakhstan, ils éprouvent une véritable sympathie pour le peuple ukrainien et sa culture unique. Il n'y a jamais eu de désaccord entre nos États. L'ambassade de notre pays continue de fonctionner à Kiev", précise Tokaïev. En effet, en novembre 2022, un sondage révélait que seulement 13 % de la population kazakhe soutenait la Russie, contre 87 % en 2019.
Depuis son arrivée au pouvoir en mars 2019, Tokaïev tente de maintenir de bonnes relations avec la Russie, qui menace régulièrement son voisin. En 2013, Poutine affirmait que le Kazakhstan, ancienne république soviétique, n'avait jamais été un véritable État. Deux députés russes avaient également déclaré en 2020 que le Kazakhstan n'était qu'un "emprunt" à la Russie.
S'il joue à un véritable jeu d'équilibriste dans ses relations bilatérales, le président Tokaïev a davantage clarifié sa position concernant l'invasion de l'Ukraine. Ainsi, il a refusé de reconnaître les républiques populaires de Lougansk et de Donetsk revendiquées par Moscou. Le Kazakhstan est également devenu une terre d'accueil pour les Russes qui refusent de combattre et a envoyé de l'aide humanitaire à l'Ukraine.