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Guerre au Moyen-Orient: "Le régime dans le détroit d'Ormuz ne sera plus ce qu'il était", menace l'Iran
La guerre au Moyen-Orient entre dans son 31e jour ce dimanche. Dernières déclarations, frappes et réactions internationales : le point sur les événements en direct sur La Libre.

- Publié le 29-03-2026 à 08h41
- Mis à jour le 30-03-2026 à 21h58

L'Iran a revendiqué dimanche des attaques contre deux des fonderies d'aluminium les plus importantes du monde au Bahreïn et aux Emirats arabes unis, ravivant les craintes de perturbations majeures pour l'économie mondiale après un mois de guerre au Moyen-Orient.
Dans un conflit qui ne donne aucun signe de désescalade, l'Iran et Israël continuent de se bombarder mutuellement dimanche et plusieurs pays du Golfe font à nouveau état d'attaques iraniennes contre leurs territoires.
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Le site de production d'eau lourde de Khondab, en Iran, a été gravement endommagé et est désormais hors service, a annoncé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dimanche soir sur le réseau social X.
L'Iran avait indqué que l'installation avait été attaquée en début de semaine par les États-Unis et Israël. Selon l'AIEA, le site ne contient aucune matière nucléaire officiellement enregistrée.
L'agence onusienne a fondé sa conclusion sur une analyse indépendante d'images satellites et sur sa connaissance du site.
L'eau lourde est semblable à l'eau, mais ne se compose pas de deux atomes d'hydrogène et d'un atome d'oxygène comme c'est généralement le cas ; elle est composée d'un atome d'oxygène auquel on a ajouté deux isotopes de deutérium. Elle est utilisée, entre autres, dans certains réacteurs nucléaires pour le refroidissement.
Le site avait déjà été bombardé en juin de l'année dernière.
Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, invisible depuis sa nomination, a remercié l'Irak voisin pour son soutien dans la guerre contre les Etats-Unis et Israël, dans un message relayé dimanche par les médias iraniens.
Il y "exprime sa gratitude envers l'autorité religieuse suprême et le peuple irakien pour leur position claire contre l'agression en Iran", écrit l'agence de presse Isna, en référence au grand ayatollah Ali Sistani, personnalité incontournable pour des millions de chiites d'Irak et du monde.
Début mars, le nonagénaire, lui-même né en Iran mais installé dans la ville sainte irakienne de Najaf depuis des décennies, avait appelé "tous les musulmans" à dénoncer "une guerre injuste" contre l'Iran.
Mojtaba Khamenei, qui a succédé à son père Ali Khamenei tué au premier jour des frappes le 28 février, n'est toujours pas apparu en public, délivrant uniquement des déclarations écrites.
Cette absence a nourri les spéculations sur son sort, Donald Trump mettant même en doute le fait qu'il soit encore en vie.
Côté iranien, la télévision d'Etat et plusieurs responsables ont assuré qu'il se remettait des blessures subies lors d'une frappe et diffuse régulièrement des images de lui, sans en préciser la date.
Le religieux de 56 ans, qui dispose de ses propres comptes Telegram et X, s'est exprimé à deux reprises depuis sa désignation, proclamant la victoire de la République islamique sur "l'ennemi" - des messages lus à chaque fois par des présentateurs de la télévision d'Etat.
Les attaques américaines et israéliennes contre l'Iran ont désormais endommagé ou détruit plus de 100.000 bâtiments civils, selon les derniers chiffres du Croissant-Rouge iranien.
Rien que dans la capitale, Téhéran, près de 40.000 immeubles résidentiels et locaux commerciaux ont été touchés, a indiqué l'organisation humanitaire dans une publication sur X dimanche.
Le Croissant-Rouge a également dénombré environ 600 écoles et près de 300 centres de santé attaqués au cours des quatre dernières semaines.
Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Le Croissant rouge iranien n'a pas partagé de chiffre actualisé concernant le nombre de victimes.
Le ministère iranien de la Santé a déclaré, en début de semaine, que plus de 1.900 personnes avaient été tuées depuis le début du conflit, le 28 février dernier, dont 240 femmes et plus de 200 enfants. Plus de 24.800 personnes ont également été blessées durant cette même période.
L'armée israélienne a fait état dimanche d'un probable "débris de missile" sur une zone industrielle du sud d'Israël, où un incendie s'est déclaré dimanche, après avoir signalé une frappe iranienne en direction du territoire.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont de leur côté affirmé en soirée avoir frappé un complexe industriel dans le sud du pays avec des missiles.
La zone industrielle de Neot Hovav (anciennement Ramat Hovav) abrite un parc de plus de 40 usines dans les domaines de l'environnement et le développement d'infrastructures industrielles. Elle est située à 12 kilomètres au nord de Beersheva, principale ville du sud d'Israël dans le désert du Néguev.
Interrogée par l'AFP, l'armée a déclaré: "Nous comprenons qu'il y a eu un impact d'un débris de missile".
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a dénoncé dimanche une "violation de la liberté religieuse" après que le patriarche latin de Jérusalem a été empêché par la police israélienne de célébrer la messe des Rameaux dans l'église du Saint-Sépulcre.
"La décision de la police israélienne d'interdire au patriarche latin de Jérusalem d'entrer dans l'église du Saint-Sépulcre le dimanche des Rameaux constitue une violation de la liberté religieuse et des protections de longue date encadrant les lieux saints", a-t-elle déclaré.
"La liberté de culte à Jérusalem doit être pleinement garantie, sans exception, pour toutes les confessions. Le caractère multireligieux de Jérusalem doit être protégé", a-t-elle ajouté dans un message publié sur les réseaux sociaux.
L'Iran a accusé dimanche les Etats-Unis de planifier "secrètement" une offensive terrestre, au moment où la guerre entre dans son deuxième mois et touche jusqu'aux universités.
L'armée israélienne a annoncé dimanche soir mener des frappes contre diverses cibles liées au pouvoir iranien à travers Téhéran, au 30e jour de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par une offensive israélo-américaine contre la République islamique.
"L'armée israélienne frappe actuellement des cibles du régime terroriste iranien à Téhéran", a-t-elle indiqué dans un court communiqué. Depuis minuit, l'armée a par ailleurs fait état de sept tirs de missiles iraniens vers Israël.
Le ministère iranien de l'Energie a annoncé dimanche des coupures de courant à Téhéran et sa région ainsi que dans la province voisine d'Alborz, à la suite d'"attaques" contre des installations de l'industrie électrique.
Selon la télévision d'Etat, "l'électricité a été coupée dans ces zones et des efforts sont en cours pour résoudre le problème".
Le président américain Donald Trump avait récemment menacé de frapper les centrales électriques en Iran si Téhéran ne rouvrait pas le stratégique détroit d'Ormuz, avant de repousser à plusieurs reprises son ultimatum.
Le taux d'inflation annuel en Iran a atteint 50,6% à la mi-mars, en progression de trois points de pourcentage par rapport au mois précédent, a annoncé dimanche le centre officiel des statistiques.
Le taux sur les 12 mois de l'année persane, du 20 février 2025 au 20 mars 2026, "a atteint 50,6%", a précisé l'organisme dans un communiqué relayé par l'agence officielle Irna.
Il s'élevait à 47,5% le mois précédent, pour la période allant du 21 janvier au 19 février.
Cette accélération de la hausse des prix intervient alors que Téhéran est en guerre avec les Etats-Unis et Israël depuis le 28 février, un conflit qui s'est étendu à l'ensemble du Moyen-Orient.
Le 20 mars, l'Iran a marqué le début de Norouz, le nouvel an persan.
L'économie est pénalisée depuis des années par une hyperinflation chronique et une forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial, résultat notamment des sanctions internationales imposées à la République islamique.
Ce phénomène, qui érode rapidement le pouvoir d'achat des Iraniens, s'est particulièrement accentué ces derniers mois et a été l'élément déclencheur en décembre de vastes manifestations.
