Comment le parti de Destexhe a fait perdre sa majorité au gouvernement wallon (VIDEO)

- Publié le 18-03-2019 à 03h00
- Mis à jour le 19-03-2019 à 15h24

La formation de droite annonce le ralliement de deux élus MR, dont la députée wallonne Patricia Potigny.À presque deux mois des élections, le MR s'en serait certainement bien passé… Le départ d'une députée wallonne libérale, Patricia Potigny (originaire de Montigny-le-Tilleul, dans le Hainaut), fait perdre sa majorité à l'actuel gouvernement wallon MR-CDH. Patricia Potigny quitte en effet les réformateurs pour rejoindre le nouveau parti d'Alain Destexhe ("Listes Destexhe").
Le gouvernement Borsus qui comptait 38 sièges sur 75 au sein de l'assemblée régionale n'en dispose plus que de 37. "En fonction des décrets qui seront soumis au vote en séance plénière, je les étudierai au cas par cas avec mon collègue André-Pierre Puget (un député wallon qui avait déjà rallié le parti d'Alain Destexhe, NdlR) mais plus avec le petit doigt sur la couture du pantalon. Il reste notamment les APE à voter, je vais voir…", confie la députée.
"On ne veut pas faire tomber le gouvernement"
Autrement dit, le parti d'Alain Destexhe tient le gouvernement wallon entre ses mains jusqu'aux élections du 26 mai. "Nous ne voulons pas faire tomber l'exécutif wallon, précise Alain Destexhe, nous voulons simplement pouvoir donner notre avis et éventuellement amender les textes. Le gouvernement wallon actuel a quand même fait du meilleur travail que son prédécesseur."
Le départ de Patricia Potigny s'accompagne d'un autre transfert : Laurent Doucy, conseiller communal et ex-échevin à Gerpinnes (Hainaut), rejoint également les "Listes Destexhe". Tous les deux sont professeurs et seront les personnes de référence du nouveau parti pour les questions relatives à l'enseignement.

Le MR serait trop frileux
Pourquoi quitter le MR pour la formation de droite d'Alain Destexhe ? "Nous ne sommes plus en phase avec les positions du MR, explique Patricia Potigny. Pour faire simple, disons qu'il y a un déplacement du centre vers la gauche. Et on coule… L'attitude des dirigeants du MR est ambiguë, il n'y a plus de ligne claire. Et il y a une grande frilosité sur certains sujets qui sont ainsi mis de côté. Je pense par exemple à la lutte contre le communautarisme islamique. Le stand de l'éditeur de Zineb El Rhazoui (ancienne journaliste de Charlie Hebdo, NdlR) a été saccagé à la Foire du livre de Bruxelles et, au MR, on n'en a même pas parlé…"
Patricia Potigny et Laurent Doucy dénoncent également le manque de communication entre la base du MR et les dirigeants de leur ancien parti, notamment dans la composition des listes électorales. "Certains confondent le fait de faire de la politique et participer à un casting pour la Star Academy, ironise à ce sujet Laurent Doucy. Avec cette volonté de mélanger le glamour et l'expérience politique, le MR copie la vague française macroniste qui est, pour moi, du centrisme et qui n'a répondu en rien aux attentes de la population. Les militants libéraux qui, eux, s'engagent pour des vraies valeurs sont mécontents."