Pourquoi le gouvernement wallon est proche du coma
La perte d'une députée pourrait coûter au groupe MR un siège en commission. La majorité serait alors dans l'impasse.

- Publié le 19-03-2019 à 10h44
- Mis à jour le 19-03-2019 à 15h24

La perte d'une députée pourrait coûter au groupe MR un siège en commission. La majorité serait alors dans l'impasse.Depuis juillet 2017 et le renversement de majorité au Parlement wallon, le MR et le CDH savaient qu'avec une majorité courte de 38 députés sur 75, la législature serait compliquée. Les deux partis n'ont eu de cesse d'anticiper les éventuels problèmes qui auraient pu mettre leur majorité par terre. Au lendemain des élections communales, ils ont même réussi à éviter le crash. On se disait dès lors que c'était gagné et que le gouvernement pourrait faire voter ses derniers textes avant le 26 mai prochain.
Et puis bardaf, lundi matin on apprend, dans La Libre, que Patricia Potigny, députée MR discrète, a décidé de quitter son parti pour rejoindre les listes Destexhe. Et tout d'un coup, le MR et le CDH constatent que plusieurs de leurs décrets importants pourraient passer à la trappe. En pratique, si les 75 députés (majorité et opposition) sont présents, le MR et le CDH pourraient ne pas parvenir à faire voter leurs textes puisqu'ils ne sont plus que 37. Il faudra voir si l'opposition parviendra à mobiliser ses troupes pour être en nombre et bloquer les décrets. Il faudra voir aussi comment Patricia Potigny votera. Pour l'heure, elle annonce qu'elle votera sur chaque décret en son âme et conscience. Une réunion était prévue lundi soir avec Alain Destexhe pour discuter de tout ça. Patricia Potigny peut donc décider presqu'à elle seule du sort des dernières réformes du gouvernement wallon.
Groggy, l'exécutif dirigé par Willy Borsus (MR) sombrera carrément dans le coma si la représentation des partis dans les commissions (actuellement 4 MR, 4 PS et 2 CDH) doit être revue. Or c'est très vraisemblable. Selon la règle de la proportionnelle en vigueur, le MR devrait perdre un siège au profit du PS. Tous les décrets pourraient dès lors être bloqués en commission. À moins d'une entourloupe que la majorité va devoir trouver rapidement.
Quels sont les textes menacés ? En premier lieu, il y a la réforme APE, déjà votée en commission - contre laquelle des milliers de personnes étaient dans les rues de Namur, lundi - qui doit passer séance plénière ce mercredi. Si le ministre wallon de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet (MR), se dit inquiet par la tournure des événements, il espère que Patricia Potigny votera avec la majorité. Le temps presse. Mais la députée rebelle ignore toujours ce qu'elle va faire. À la RTBF, elle a dit vouloir se donner deux jours pour bien appréhender le dossier.
Assurance autonomie, etc.
Mais il n'y a pas que ça. On citera aussi l'assurance autonomie, la création d'un centre d'expertise fiscale, le controversé décret qui concerne les panneaux photovoltaïques, les amendes administratives en matière de sécurité routière, la réforme du bail à ferme, le transfert de compétence vers la Communauté germanophone, la fusion des communes ou le décret soins palliatifs.