Écolo prévient: "À ce stade, nous ne pouvons pas voter la confiance en Hadja Lahbib"
La ministre des Affaires étrangères "doit revenir au parlement pour s'expliquer" sur la délivrance de visas à une délégation iranienne.

- Publié le 22-06-2023 à 13h45
- Mis à jour le 22-06-2023 à 15h00
À la sortie de leur réunion de groupe hebdomadaire, ce jeudi midi, les parlementaires Écolo et Groen étaient "tous alignés", rapporte le député Samuel Cogolati. "Nous sommes d'avis que, à ce stade, les réponses apportées par Hadja Lahbib (MR) sont insuffisantes, tant sur le fond que sur la forme."
Même son de cloche du côté du PS. "Nous considérons que la question de la confiance est prématurée. On ne peut pas la voter en l'état", a expliqué le député Malik Ben Achour à l'issue d'une réunion du groupe socialiste.
La ministre des Affaires étrangères est sur la sellette pour avoir accordé des visas à une délégation de quatorze Iraniens, dont le maire ultra-conservateur de Téhéran, dans le cadre de l'Urban Summit 2023 qui s'est tenu à Bruxelles la semaine dernière.
Verts et socialistes restent sur leur faim
Mme Lahbib s'est longuement expliquée, mardi, lors d'une réunion de la commission parlementaire des Relations extérieures. Mais il est clair que les écologistes, de même que les socialistes (PS et Vooruit), pourtant partenaires de majorité du MR, restent sur leur faim.
Il n'y a eu aucune reconnaissance d'erreur, aucune excuse, aucune garantie que ce genre de choses ne se reproduira pas.
"Il reste de graves problèmes", reprend Samuel Cogolati. Sur le fond, dit-il, il y a cette incohérence sur les dates – ce "mensonge", selon la N-VA. À la Chambre, la semaine dernière, la ministre Lahbib avait dit avoir octroyé les visas le 8 juin après avoir consulté l'Ocam (l'Organe pour l'analyse de la menace), or l'avis de ce dernier n'a été remis que le 9 juin. Le député Écolo se demande aussi pourquoi 14 visas ont été octroyés alors que seulement quatre personnes avaient été invitées au Sommet à Bruxelles.
"Et sur la forme, dit M. Cogolati, il n'y a eu aucune reconnaissance d'erreur, aucune excuse, aucune garantie que ce genre de choses ne se reproduira pas."
"C'est insuffisant, tranche-t-il. En l'état actuel des choses, nous ne pouvons pas voter une motion de confiance. Clairement, la ministre doit revenir au parlement pour s'expliquer. Le travail n'est pas fini."