"Certains pays du Moyen-Orient pourraient désormais considérer la Chine comme un partenaire commercial plus fiable que les Etats-Unis"
Les pertes continuent sur les actions américaines tandis que l'Europe s'est stabilisée.
- Publié le 27-03-2026 à 19h57

Les marchés sont restés pendus aux événements du Golfe Persique, entre les menaces de bombardement des installations pétrolières iraniennes par Donald Trump en passant par les annonces de négociations aussi rapidement démenties par les autorités iraniennes, les préparatifs d'une intervention terrestre par l'armée américaine ou encore par les tentatives avortées de faire transiter des pétroliers par le détroit d'Ormuz. Les grands indices sont restés volatils, avec des actions qui fluctuent très rapidement durant chaque séance au rythme des annonces.
Dans l'ensemble, les indices américains se sont toutefois moins bien comportés que les indices européens. Si ces derniers ont généralement terminé la semaine sur un statu-quo, l'indice S&P500 est repassé sous la barre des 6400 points durant la séance de vendredi, bien loin de son record à plus de 7000 points du début janvier. De même, l'indice Nasdaq100 a perdu beaucoup de terrain dans la foulée d'un secteur technologique qui peine à retrouver son lustre. Ce vendredi, c'était par exemple l'ensemble des valeurs de cybersécurité (Palo Alto, Datadog, Crowdstrike, etc) qui s'enfonçaient lourdement en raison des craintes d'une concurrence par l'IA.
A Bruxelles, l'indice BEL20 a mieux résisté que les autres marchés, avec une hausse hebdomadaire de 1,4% à 4985,22 points, portée par les valeurs du secteur chimique qui ont bénéficié d'une chasse aux bonnes affaires après la forte sous-performance depuis le début 2026 : +19% pour Azelis, + 12,6% pour Syensqo et +8,5% pour Solvay.
Taux en hausse
Ce manque de confiance touche également les marchés obligataires, avec des taux américains qui ont continué de se tendre, pour atteindre des niveaux souvent jugés critiques pour le marché immobilier américain, soit 4,5% pour le taux à 10 ans et 5% pour le taux à 30 ans. Les marchés anticipent maintenant clairement que l'explosion des cours du pétrole va entraîner une hausse de l'inflation, et qu'il n'est désormais plus question de voir un assouplissement de la politique monétaire américaine à court terme.
Pour François Collet (DNCA Finance), "la situation actuelle est sérieuse, mais n'est pas comparable aux crises que nous avons connu dans un passé récent, avec un cours du gaz naturel qui avait été rapidement multiplié par 30 suite à l'invasion de l'Ukraine. L'Europe est nettement mieux préparée, avec un poids du gaz naturel dans la facture énergétique qui a fortement reculé et des capacités plus importantes provenant des sources renouvelables et du nucléaire".
Il estime également que le risque de stagflation est plus important aux Etats-Unis, avec un ralentissement du marché du travail accompagné de salaires qui continuent d'augmenter, "une situation accentuée par les politiques migratoires mises en place par Donald Trump". Il s'attend à un taux d'inflation qui devrait grimper à nouveau vers 4% d'ici la fin de l'année avec une croissance qui va se ralentir. "Dans ce contexte, je pense que nous risquons d'assister à une nouvelle phase baissière sur le dollar, notamment de la part de certains pays du Moyen-Orient qui pourraient désormais considérer la Chine comme un partenaire commercial plus fiable que les Etats-Unis".