Quand peut-on s'attendre à une baisse des prix du pétrole et du gaz ?
Quand les choses pourraient-elles revenir dans l'ordre ?
- Publié le 29-04-2022 à 15h02
- Mis à jour le 01-05-2022 à 11h20

Libre Eco week-end | Le dossier
En l'espace d'un an, le prix du pétrole a bondi de quasiment 50 %. Et le cours du gaz a été multiplié par… cinq à la Bourse de Rotterdam. La flambée de l'or noir a évidemment un gros impact sur les prix de l'essence et du diesel. Quant à l'envolée du prix du gaz, elle se répercute sur les factures de gaz et d'électricité.
Quand les choses pourraient-elles revenir dans l'ordre ? "Pas avant deux ou trois ans , répond Frank Vranken, Chef Stratégie chez Edmond de Rothschild Europe-Luxembourg. Un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole et de gaz va être mis sur la liste noire. On ne remplace pas un acteur d'une telle importance si facilement."
Selon Frank Vranken, il y a peu de capacités pétrolières non utilisées dans le monde qui pourraient remplacer la Russie. "Mis à part l'Arabie saoudite, aucun pays ne pourrait augmenter significativement sa production pétrolière , précise cet expert. Mais Riyad n'a aucun intérêt à produire davantage car cela ferait baisser les prix du brut dont dépend le financement du budget national."
Selon Frank Vranken, le marché du pétrole devrait se rééquilibrer plus rapidement que le marché gazier. En effet, le pétrole peut être acheminé beaucoup plus facilement par bateaux que le gaz. Le rééquilibrage du marché pétrolier dépendra donc, avant tout, d'une hausse de la production mondiale de brut ou d'une baisse de la consommation. Mais c'est ici que le bât blesse. "La transition énergétique a incité les grandes compagnies pétrolières à diminuer leurs investissements dans le pétrole , explique Frank Vranken. Le problème est que les énergies renouvelables n'ont pas suffisamment compensé cette diminution des investissements dans la production de pétrole."
"Les prix élevés tuent les prix élevés"
Mais les prix élevés actuels vont inciter certains pays à réinvestir dans le pétrole, ce qui soutiendrait l'offre. En outre, la situation actuelle rend les alternatives bas carbone plus rentables, ce qui est de nature à diminuer la demande de pétrole. "Comme toujours, les prix élevés du pétrole et du gaz tuent les prix élevés" , résume Frank Vranken.
Le rééquilibrage du marché du gaz, quant à lui, nécessitera d'investir dans des infrastructures. Pour liquéfier, regazéifier, transporter le gaz naturel liquéfié (GNL). Frank Vranken estime donc que les prix élevés du gaz pourraient se poursuivre plus longtemps. Il ne suffit pas de produire davantage, il faut aussi pouvoir acheminer le gaz.
