Les résultats de plusieurs "Magnificent Seven" provoquent des "moments gravés dans l'histoire des marchés"
Microsoft, Apple, Meta notamment affichent des résultats nettement meilleurs que prévu. La clé de leur succès se trouve en grande partie dans leurs investissements dans l'IA.

- Publié le 01-08-2025 à 13h03
- Mis à jour le 01-08-2025 à 16h30

Les Magnificent Seven n'ont jamais aussi bien porté leur nom. En effet, ce club des sept entreprises technologiques américaines, composé d'Alphabet (la maison-mère de Google), Amazon, Apple, Meta (Facebook, Instagram etc.), Microsoft, Nvidia et Tesla ont, à l'une ou l'autre exception, annoncé des résultats qui sont nettement meilleurs qu'attendu. Mais qui pourraient aussi cacher certains éléments moins positifs.
Le bénéfice net d'Apple frôle les 24 milliards de dollars rien qu'au dernier trimestre grâce notamment à des ventes de l'IPhone en hausse de 13 %. L'annonce, qui est tombée jeudi soir, a fait bondir l'action après la clôture de Wall Street, avant de se replier à l'ouverture vendredi. Christophe Pirson, fund manager chez CapitalatWork, tempère toutefois quelque peu cet enthousiasme "Je me demande si on ne cache pas un peu la vérité chez Apple", nous dit-il. Et de relativiser le succès des IPhones dont "une grande partie est produite en Inde. D'après lui, Il "semblerait" que les gens se soient rués sur le téléphone vedette avant l'entrée en vigueur des surtaxes douanières.
Mercredi, Meta avait aussi connu une flambée du cours grâce à des bénéfices trimestriels (à 18,4 milliards) en forte croissance. Son patron Mark Zuckerberg a attribué ces performances à l'intégration de l'IA dans les outils de recommandation des contenus aux utilisateurs et de choix des emplacements publicitaires pour les annonceurs, notamment. Comme Google, Facebook et autre Instagram bénéficient clairement de la pub en ligne.
Belle hausse également pour Microsoft lors de la séance de jeudi. Sa valorisation boursière dépasse actuellement les 4 000 milliards de dollars. C'est la deuxième entreprise à franchir ce seuil symbolique après le leader des puces IA Nvidia. "Il y a des moments qui resteront longtemps gravés dans l'histoire des marchés… et la soirée de jeudi en fait incontestablement partie, avec les résultats spectaculaires publiés par Microsoft et Meta", a écrit Dan Ives, analyste chez Wedbush Securities.
Pour la première fois de son histoire, l'entreprise cofondée par Bill Gates a franchi le seuil symbolique des 100 milliards de dollars de bénéfice net sur un exercice comptable.
Interrogations pour Amazon
Le géant américain du commerce en ligne Amazon a, lui, annoncé jeudi un bénéfice net de 18,2 milliards au deuxième trimestre, soit un bond de 35 % sur un an, que le groupe a notamment attribué à ses outils d'IA pour les consommateurs et les entreprises.
Parmi les Mag7, Amazon est toutefois moins bien positionnée vu sa dépendance aux surtaxes douanières imposées par Donald Trump.
C'est difficile de savoir à quel niveau les surtaxes vont être fixées, surtout en Chine, et, si jamais les coûts augmentent, qui va les absorber."
Comme au premier trimestre, le directeur général Andy Jassy a toutefois voulu être rassurant en expliquant aux analystes qu'Amazon n'avait pas observé de ralentissement de la demande ou de hausse des prix sur sa plateforme pour l'instant, malgré les guerres commerciales lancées par les États-Unis. Mais "nous ne savons pas ce qui va se passer à l'avenir", a-t-il nuancé. "C'est difficile de savoir à quel niveau les surtaxes vont être fixées, surtout en Chine, et, si jamais les coûts augmentent, qui va les absorber."
Investissement dans l'IA
Un point commun pour toutes ces entreprises réside dans leurs dépenses dans l'intelligence artificielle. Celles-ci "vont bon train, mais les revenus aussi. On voit que l'impact de ces investissements est positif", commente Frank Vranken, chef économiste pour la banque privée Edmond de Rothschild (Europe).
"Les montants investis liés à l'IA, notamment dans les data centers, sont entre 60 et 100 milliards par entreprise. Ils sont gigantesques par rapport aux revenus engendrés. Chez Meta, ils sont passés de 15 % à 40 % des actifs du bilan. Cela va probablement réduire les marges opérationnelles", prévient de son côté Christophe Pirson. Qui rappelle aussi que les chiffres publiés ces derniers jours ne portent que sur trois mois. "Cela ne reste que des résultats trimestriels. L'analyse est plus nuancée si on prend en compte les prévisions", estime-t-il.
