"Beaucoup de PME ont encore du mal à franchir le cap du digital"
Libre Immo | Le secteur de la construction est en pleine mutation, et en Wallonie, le cluster Cap-Construction se positionne comme un acteur central pour accompagner cette transition.

- Publié le 17-03-2025 à 11h55

Fondé en 2008, ce réseau regroupe des entreprises, des architectes, des bureaux d'études, des acteurs de la formation et des organismes publics, tous engagés pour une construction plus durable et innovante. "Nous sommes un cluster reconnu par la Région wallonne, ce qui signifie que nous fonctionnons à la croisée du financement public et privé", explique Déborah Depauw, directrice de Cap-Construction depuis 2014.
Un cluster, en Wallonie, est un réseau structuré d'entreprises et d'acteurs économiques œuvrant dans un domaine spécifique. Il s'inscrit dans la stratégie régionale de développement économique et peut concerner des secteurs aussi variés que les nouvelles technologies, l'agriculture ou, dans le cas de Cap-Construction, le bâtiment durable. "Nous sommes en quelque sorte un laboratoire d'idées et un catalyseur d'opportunités économiques", précise Déborah Depauw. L'objectif ? "Favoriser l'innovation, l'acquisition de compétences et la création de business. En rassemblant des acteurs aux expertises complémentaires, le cluster cherche à répondre aux grands défis du secteur, comme la rénovation énergétique, l'empreinte environnementale des bâtiments ou encore la digitalisation des entreprises."
Beaucoup de PME ont encore du mal à franchir le cap du digital, or c'est un levier essentiel pour leur compétitivité"
Avant de prendre la tête de Cap-Construction, Déborah Depauw a suivi un parcours professionnel à cheval entre le secteur public et le secteur privé, un équilibre qui fait aujourd'hui sa force. "J'ai commencé ma carrière dans un cabinet ministériel en charge de l'environnement des aéroports wallons, avant de rejoindre la Société wallonne des aéroports", raconte-t-elle. Une expérience qui l'a plongée dans les problématiques de nuisances sonores, d'isolation des bâtiments et de gestion immobilière, autant d'enjeux qui touchent directement le secteur de la construction.
Une carrière au carrefour entre public et privé
Elle se spécialise ensuite dans le photovoltaïque et l'acoustique industrielle, développant des projets en Wallonie et au Grand-Duché du Luxembourg. "Mon parcours m'a toujours amenée à jongler entre réglementations publiques et réalités économiques privées. Cap-Construction représente pour moi un excellent équilibre entre ces deux mondes."
Son engagement ne s'arrête pas là : parallèlement à ses fonctions de directrice, elle conserve un mandat politique dans plusieurs conseils d'administration. Une manière de garder un pied dans la sphère publique tout en restant connectée aux évolutions du secteur privé. "Cela me permet d'avoir une vision large des enjeux économiques et environnementaux, et d'adapter au mieux les actions du cluster aux besoins réels des entreprises."
Avec une économie fragilisée par des crises successives, Cap-Construction doit redoubler d'efforts pour soutenir ses membres. "La clé, c'est le collaboratif et le réseautage. Nous devons renforcer les interactions entre les différents acteurs de la construction pour favoriser des projets innovants et durables."
Le cluster a identifié quatre grandes priorités pour les années à venir : la rénovation énergétique du parc immobilier wallon, l'évolution des besoins des communes et des quartiers, la réduction de l'empreinte environnementale du secteur, notamment via l'économie circulaire, et enfin la transition numérique des entreprises. "Beaucoup de PME ont encore du mal à franchir le cap du digital, or c'est un levier essentiel pour leur compétitivité."
4 piliers principaux
Cap-Construction repose sur quatre piliers principaux : les bureaux d'études, les entreprises de construction, les fabricants de matériaux et les acteurs de l'immobilier. À ces piliers s'ajoutent des partenaires transversaux comme les centres de recherche et les universités. Le fonctionnement du cluster est structuré de manière dynamique. "Notre conseil d'administration est composé de représentants de chaque pilier, et la présidence tourne tous les deux ans pour assurer une gouvernance équilibrée. Moi, en tant que directrice, j'interviens sur le volet opérationnel."
Si la mission de Cap-Construction est avant tout économique, elle s'inscrit aussi dans une volonté d'accompagner la transition écologique du secteur. "Nous devons concilier innovation et durabilité. La construction de demain ne pourra pas se faire sans une approche plus responsable."
Avec une vision à long terme et une capacité à fédérer les forces en présence, Déborah Depauw entend bien faire de Cap-Construction un moteur du renouveau du secteur en Wallonie.
