Fuite des notes de travail: l'Arizona envisage une hausse de 4 euros des chèques-repas sur la législature
Et une fuite, une. La confidentialité des négociations entre les 5 partis qui composent la future coalition Arizona comporte des failles.

- Publié le 23-01-2025 à 06h30
- Mis à jour le 23-01-2025 à 17h37

Cette fois, La Libre a pu obtenir une notification sur les chèques-repas. L'intention des futurs partenaires du gouvernement fédéral pour augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs serait de "confier le plus vite possible aux partenaires sociaux la mission d'augmenter la contribution maximale légalement autorisée pour les chèques-repas de deux fois 2 euros – 4 euros au total – lors de la prochaine législature".
Cette contribution serait donc portée à 12 euros au maximum par chèque d'ici à 2029, étant entendu que leurs bénéficiaires reçoivent aujourd'hui un maximum de 8 euros par jour d'activité presté. L'employeur paye aujourd'hui la majeure partie de ce montant de 8 euros. Il peut en effet prélever jusqu'à 1,09 euro sur le salaire de l'employé, ce qui fait que sa contribution s'élève au moins à 6,91 euros par chèque. Cette intervention de l'employeur ne va pas augmenter dans les mêmes proportions lorsque la valeur faciale du chèque sera relevée de deux euros, car les négociateurs de l'Arizona prévoient aussi que "la déductibilité du coût pour l'employeur sera augmentée en conséquence". Sans préciser dans quelle mesure, mais on sait qu'un volet "compétitivité" est prévu pour les entreprises (à hauteur d'un peu plus d'un milliard d'euros). Cette mesure sur les chèques-repas servirait donc autant à augmenter le pouvoir d'achat qu'à contenir les cotisations sociales des employeurs.
Suppression des éco-chèques, chèques-culture…
L'idée était dans l'air depuis quelques mois. Les premières notes socio-économiques du formateur Bart De Wever au mois d'août y faisaient déjà référence, même si aucun montant n'avait été divulgué. Le sujet, à l'époque, avait suscité le débat parce que les négociateurs prévoyaient parallèlement la suppression des éco-chèques. Cette suppression figure toujours au programme ! "La possibilité d'utilisation des chèques-repas sera étendue. Les autres chèques existants (éco-chèques, chèques culture,…) seront progressivement supprimés en concertation avec les partenaires sociaux afin de réduire le nombre de types de chèques et de préserver le pouvoir d'achat", explique la notification en notre possession.
Si l'idée était dans l'air, c'est aussi parce que le montant des chèques-repas n'a pas été augmenté depuis huit ans. Juste avant les élections, le syndicat libéral CGSLB avait d'ailleurs demandé que le montant des chèques-repas soit relevé de 8 à 10 euros. Le sujet ne fait cependant pas l'unanimité dans les rangs syndicaux, car certains éprouvent quelques difficultés à promouvoir des formes alternatives de rémunération, qui réduisent de facto les contributions à la sécurité sociale. Quant à la suppression des éco-chèques, elle avait aussi suscité l'ire de la fédération professionnelle du secteur de l'électro en Belgique, qui estimait que les éco-chèques permettaient de sensibiliser les citoyens à l'environnement et de créer de la valeur ajoutée pour l'économie locale.