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La Bosnie entre "crise sécuritaire" et crise existentielle

Les accords de Dayton, qui tiennent lieu de Constitution, ne parviennent plus à endiguer une crise politique majeure. De part et d'autre, on redoute le spectre d'un nouveau conflit. La jeunesse, elle, se désintéresse de la politique et voit principalement son avenir dans l'émigration.

Jean-Arnault Dérens, correspondant dans les Balkans
La Bosnie entre "crise sécuritaire" et crise existentielle
©AP

Ma mère me demande toujours si mon passeport est à jour pour pouvoir partir si le pire arrivait. Je ne crois pas que la guerre soit une option réelle, mais je comprends sa peur, car en 1992 non plus, personne ne croyait que la guerre était possible en Bosnie-Herzégovine." Samir Beharic a été l'un des animateurs du mouvement qui a fait reculer les autorités locales de Jajce en 2017. Celles-ci voulaient séparer les lycéens bosniaques et croates de cette petite ville de Bosnie centrale, qui suivent des programmes scolaires différents mais, au moins, fréquentent toujours le même bâtiment. Depuis le retour à la paix, en 1995, les jeunes des trois communautés du pays - Bosniaques, Croates et Serbes - grandissent en effet dans des univers cloisonnés.

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