Qui est Ali Shaath, le chef de l'administration transitoire de la bande de Gaza ?
Il fallait semble-t-il un ingénieur pour administrer la bande de Gaza, et non un poète (selon la formule désormais consacrée). La tâche revient à Ali Shaath, un fonctionnaire de l'Autorité palestinienne choisi pour présider un comité de technocrates chargé de relever – au sens littéral du terme — le territoire palestinien, complètement ravagé après la guerre de deux ans entre Israël et le Hamas.

- Publié le 15-01-2026 à 19h38

Évincé, le groupe islamiste palestinien au pouvoir depuis 2006 devra se résoudre à accepter (fût-ce en apparence) de transférer l'autorité à un membre du Fatah (le parti du président Mahmoud Abbas), dont il avait expulsé les responsables du territoire, en prélude à deux décennies de règne sans partage.
Ali Shaath, 67 ans, a exercé des fonctions ministérielles (dont celle de vice-ministre de la Planification et de la Coopération internationale) et assuré d'autres missions (dans les transports et les communications) au service de l'administration palestinienne de Ramallah. Il a aussi travaillé pour diverses institutions dans les domaines du développement, de la finance et des infrastructures, dans les Territoires palestiniens mais aussi dans les pays du Golfe. Peu connu du grand public, il se retrouve cette fois au premier plan d'une équipe de quinze experts en reconstruction, dont la première réunion avait lieu ce jeudi au Caire.
Originaire de Khan Younès (sud), il connaît bien la capitale égyptienne où il a étudié, de même qu'au Royaume-Uni. Son diplôme d'ingénieur civil lui sera certainement utile pour relever le défi de Gaza, comme il l'expliquait mercredi à la radio palestinienne Basma : "Il ne s'agit pas de reconstruire, mais de rebâtir", a-t-il précisé, soulignant l'urgence de fournir des abris et des services essentiels aux 2,2 millions d'habitants de G
aza. "Nous allons mettre en place des plans pour l'approvisionnement en eau, la réhabilitation des puits, la purification et le traitement de l'eau. L'eau est essentielle à la santé, à l'éducation et aux hôpitaux, autant d'infrastructures qui ont été détruites".
Cette administration de transition, supervisée par le "conseil de la paix" présidé par le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov (un ex-envoyé spécial de l'Onu dans la région), prendre peu à peu le contrôle du territoire gazaoui. Celui-ci est toujours occupé, en majeure partie, par les forces israéliennes trois mois après le cessez-le-feu.