Guerre en Iran: Washington affiche une satisfaction absolue malgré quelques revers
Après deux semaines de guerre, les États-Unis promettent d'encore frapper "très fort" l'Iran la semaine prochaine.

- Publié le 13-03-2026 à 21h10

Les États-Unis ont évoqué vendredi, avec une fierté chargée d'une dose d'arrogance et de raillerie, les fruits de leurs bombardements conjoints avec Israël sur l'Iran. Au quatorzième jour d'une guerre qui secoue l'économie mondiale, le secrétaire d'État à la Guerre (ex-Défense) Pete Hegseth a affirmé que le "nouveau soi-disant guide pas si suprême" était "blessé et probablement défiguré". Le chef du Pentagone faisait référence au premier message discours délivré la veille par Mojtaba Khamenei, depuis qu'il est devenu la nouvelle autorité suprême de l'Iran. Un message écrit, lu pour lui à la télévision, alors que des officiels iraniens avaient révélé qu'il avait été gravement blessé dans le bombardement qui a tué son père, l'ayatollah Khamenei, le 28 février.
Dans un autre élan de satisfaction absolue, le président Trump a quant à lui affirmé vendredi que c'était un "honneur" de "tuer" les dirigeants iraniens. "Ils tuent des gens innocents dans le monde entier depuis 47 ans, et maintenant, c'est moi, le 47e président des États-Unis d'Amérique, qui les tue. Quel honneur !", a déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Quatrième avion écrasé
"Nous disposons d'une puissance de feu sans pareille, de munitions à volonté et de tout le temps nécessaire. Regardez bien ce qu'il va arriver à ces tas d'ordures de cinglés aujourd'hui", a-t-il ajouté, dans une tournure dont la forme semble calquée sur le fond. Le week-end dernier, Donald Trump s'était vu reprocher une attitude indécente en gardant son habituelle casquette sur le crâne lors des funérailles des six premiers soldats américains tombés depuis le début de la guerre en Iran.
Le commandement central de l'armée américaine au Moyen-Orient (CentCom) venait pourtant de lui confirmer, ce vendredi, la mort des six membres constituant l'équipage de l'avion ravitailleur (un Boeing KC-135 Stratotanker) qui s'était écrasé la veille dans l'ouest de l'Irak. Il avait précisé que la perte de ce quatrième appareil en deux semaines de guerre n'était "pas due à des tirs ennemis ou à des tirs amis".
Un soldat français a par ailleurs trouvé la mort au Kurdistan irakien, dans une attaque de drône iranien survenue jeudi soir et qui en a blessé six autres.
"Gros obstacle"
Un renversement du régime par le peuple se produira "probablement", mais "peut-être pas immédiatement", a encore dit Donald Trump. "Quand (les forces armées) se baladent avec des mitrailleuses et qu'ils abattent (les Iraniens) et disent 'tous ceux qui manifestent, on va vous avoir dans les rues', je pense que c'est un gros obstacle à franchir pour les gens qui n'ont pas d'armes". Des propos qui suggèrent à nouveau que Washington réfléchit sérieusement à l'option d'une intervention terrestre.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique d'Iran, ont de leur côté annoncé vendredi avoir tiré des missiles et drones sur Israël, avec le Hezbollah libanais. Diverses personnalités politiques, comme le chef de la sécurité iranienne Ali Larijani, le président Massoud Pezeshkian et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ont quant à eux défilé dans les rues de Téhéran, à l'occasion de la Journée de Jérusalem (Al Qods). Une posture de défi alors que les bombardements se poursuivaient dans d'autres quartiers de la capitale.