Bientôt moins d'élèves par classe ? Des promesses électorales assez prudentes
Dans leur programme en vue du scrutin de juin, presque tous les partis évoquent la taille des classes mais sans aller jusqu'à des réductions générales.

- Publié le 18-03-2024 à 10h55
- Mis à jour le 18-03-2024 à 10h57

La ministre de l'Éducation, Caroline Désir (PS), laisse entendre que le projet de décret portant diverses mesures relatives à la taille des classes qui sera soumis aux votes, ce mardi, n'est qu'un premier pas et que le gouvernement suivant pourra envisager de la réduire davantage. Alors que disent les programmes électoraux à ce propos ?
Le sujet est évoqué presque partout, y compris par les trois partis aujourd'hui à la manœuvre. Pourquoi le MR, le PS et Ecolo, au gouvernement en Fédération Wallonie-Bruxelles, ne sont-ils pas déjà allés plus loin ? La réponse tient en deux arguments principaux : la faisabilité budgétaire et le risque d'aggraver la pénurie d'enseignants, deux problèmes qu'il semble difficile de résoudre à court terme. Voici donc ce que prévoit prudemment l'actuelle majorité.
"En tenant compte des spécificités"
Le PS affirme vouloir limiter le nombre d'élèves par classe, mais en priorité pour certains. "Nous proposons de réduire la taille du groupe classe en tenant compte des spécificités de chaque niveau et type d'enseignement, mais aussi des matières enseignées. Dans les écoles à encadrement différencié, qui concentrent le plus de difficultés scolaires, la taille des classes doit évoluer vers un nombre de 15 élèves maximum. L'idée est également de permettre le dédoublement des classes lorsque cela s'avère nécessaire, en fonction de la discipline concernée, de l'hétérogénéité de la classe, etc.)"
Ecolo est sur la même voie : "La surpopulation de certaines classes rend les conditions d'apprentissage et d'enseignement particulièrement difficiles qui n'offrent pas à toutes et tous les mêmes chances. Nous voulons réduire les normes en matière de taille des classes, prioritairement dans l'enseignement à encadrement différencié, pour garantir un suivi plus efficace des élèves. Cela sera complété par un accompagnement dans l'actualisation des pratiques pédagogiques."
Le MR, lui, annonce plutôt vouloir travailler à une meilleure répartition des élèves dans les classes, partant du constat que certaines classes sont surpeuplées et d'autres en petits effectifs. "Ces déséquilibres mènent à des situations difficilement gérables pour les enseignants qui ont la charge d'un groupe classe conséquent, couplée à l'inclusion d'élèves à besoins spécifiques, ce qui pèse sur la gestion sereine de la classe, les conditions de travail de l'enseignant, la concentration des élèves et donc sur la qualité des apprentissages", lit-on dans le programme des réformateurs qui ne dit rien de la façon d'arriver à ce nouvel équilibre.
"Des formules innovantes"
Dans l'opposition actuellement, Les Engagés désirent "évaluer la possibilité de réduire la taille maximale des classes pour favoriser une plus grande différenciation des apprentissages". En parallèle, ils estiment que "des formules innovantes pourraient être exploitées" dans les écoles où c'est matériellement possible. "Exemple : sur cinq heures de mathématiques par semaine, trois seraient données en groupes classes de plus petite taille, permettant à l'enseignant de mieux suivre ses élèves, et deux heures seraient consacrées à des exercices individuels et adaptés à chacun qui seraient effectués en regroupant plusieurs classes sous la supervision d'un des professeurs de math. Ce type de formule innovante permet de réduire le nombre d'élèves par classe dans les moments qui demandent le plus d'attention, de dégager des heures de cours et donc de lutter contre la pénurie de professeurs."
De son côté, le PTB est le seul à promettre une réduction chiffrée et valable pour tout le monde : "Jusqu'en deuxième primaire, 15 enfants par classe en moyenne, 17 au maximum. Dans les années suivantes, une moyenne de vingt élèves par classe."
Avec quels moyens ? Plusieurs pistes sont citées, dont les budgets récupérés grâce à la réduction du redoublement (prévu dans le tronc commun) et la taxe des milliardaires.
Chez Défi, enfin, on n'évoque pas la réduction de la taille des classes en tant que telle, tout en prévoyant "plus de moyens logistiques et humains là où se concentrent les difficultés", afin d'améliorer la remédiation dès le plus jeune âge.