Fêtes de Wallonie : De Wever souhaite des "bones fiesses" aux Wallons, "La solidarité nationale ne peut pas être à sens unique", pour Dolimont
Bart De Wever était l'invité des Fêtes de Wallonie à Namur. Il a souhaité aux Wallons de "Bones fiesses", reçu par Adrien Dolimont. Le ministre-président wallon s'est aussi exprimé.

- Publié le 20-09-2025 à 16h13
- Mis à jour le 20-09-2025 à 18h18

"Bones fiesses de Wallonie!", s'est exclamé le Premier ministre Bart De Wever à son arrivée samedi après-midi à l'Elysette, siège du gouvernement wallon, où il était invité à l'occasion des Fêtes de Wallonie.
"C'est un peu ridicule. Je ne suis pas un singe savant qu'on fait danser, mais je le dis avec plaisir: bones fiesses", a-t-il répété devant un ministre-président wallon ravi.
"Je suis ici pour montrer ma bonne volonté vis-à-vis de la Wallonie. Le message qu'on y entend, celui d'une Wallonie prospère, me plaît.", a-t-il expliqué plus sérieusement. "Par le passé, je n'étais pas souvent invité ici mais maintenant, j'y viens avec plaisir. J'aime le travail des 3D - Diependaele, Dolimont, De Wever. Et un travail en 4D, avec David Leisterh à Bruxelles, serait encore mieux", a-t-il ajouté avant de "faire le tour du propriétaire" en compagnie de ministre-président régional.
"La solidarité nationale ne peut pas être une rue à sens unique"
"Nous sommes des partenaires loyaux du gouvernement fédéral. Nous sommes aussi des défenseurs intransigeants des intérêts wallons. La solidarité nationale ne peut pas être une rue à sens unique", a déclaré le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, lors de la cérémonie officielle des Fêtes de Wallonie qui s'est tenue samedi au Théâtre de Namur.
Dans la salle, le Premier ministre Bart De Wever - d'emblée salué d'un "hartelijk welkom hier, in Wallonia; bienvenue chez vous" - écoute attentivement. Le nationaliste flamand a auparavant été reçu à l'Elysette, siège du gouvernement régional, d'où il a souhaité, en wallon, de "bones fiesses" aux citoyens du sud du pays.
"Je lisais récemment dans la presse flamande que la Wallonie est perçue différemment. Certains au Nord du pays parlent d'une Wallonie efficace, ambitieuse, et avouons-le c'est flatteur. Mais le coq ainsi flatté ne sera pas le corbeau de la fable: je continuerai à me baser uniquement sur les faits pour juger de ce respect mutuel", a averti Adrien Dolimont.
Loi du genre oblige, ce dernier est ensuite revenu sur quelques grands défis de la législature, dont celui du taux d'emploi alors que le fédéral a décidé de limiter à deux ans les allocations de chômage. "Notre responsabilité, c'est d'accompagner ces personnes vers l'emploi ou la formation, vers la réussite. Cette réforme n'est pas là pour exclure, elle est mise en œuvre pour inclure", a défendu le libéral.
"Mon gouvernement a rompu la spirale de la résignation. Nous bousculons chaque jour les habitudes qui dépriment notre région depuis trop longtemps. Chacune de nos réformes porte en elle l'espoir d'une renaissance. Chacune de nos décisions annonce le retour d'une région fière de son destin", a-t-il insisté, à quelques jours d'un conclave budgétaire jamais aisé.
"Notre trajectoire est déterminée: réduire le déficit tout en préservant les secteurs essentiels, santé, éducation, action sociale. Pas de coupes aveugles, mais des choix stratégiques. Ce sera également notre mantra pour les prochaines semaines budgétaires", a promis à ce sujet le ministre-président selon qui l'exécutif "ne cèdera pas à la panique".
"Unir nos voix et nos forces"
Autre sujet brûlant évoqué ce samedi: les incidents qui ont émaillé la soirée organisée jeudi à Liège par le MR pour les 20 ans de son centre Jean Gol. "Face aux extrémistes cagoulés et violents qui agressent femmes et hommes pour la liberté de leurs opinions, qui profanent lâchement une tombe, guidés par un antisémitisme ignoble, il est de notre responsabilité d'unir nos voix et nos forces pour défendre notre modèle démocratique, certes imparfait; pour prendre toute notre place dans un monde en mutation; pour porter haut et clair les préoccupations de chacun, avec tous nos atouts, - ils sont considérables, et toutes nos valeurs, - elles sont puissantes", a dit Adrien Dolimont alors qu'à l'extérieur du théâtre, quelques dizaines de personnes manifestaient leur soutien à la Palestine aux cris, entre autres, de "Wallonie, Dolimont, complices".
"Mon optimisme est réel, il n'est cependant pas béat. Je sais que parfois notre message peut se perdre", a concédé le libéral. "Dans un environnement médiatique saturé, les enjeux complexes se doivent d'être compressés en quelques punchlines et images cinglantes. Face à ce torrent, les nuances souffrent, la subtilité disparait, les débats se réduisent au mieux à des slogans, au pire à des injures et huées de stade. Je vous l'avoue, cette agressivité ambiante, cette tension permanente me heurtent", a-t-il admis.
"La démocratie a pourtant besoin, plus que jamais, de débats apaisés. La critique est nécessaire, mais toute opposition doit apprendre - ou réapprendre - à fonder ses désapprobations, à ne pas verser aveuglément dans le dénigrement. De même, toute majorité, tout pouvoir qui subit la critique doit être capable de l'écouter, et non la rejeter d'un revers de main", a enfin estimé le ministre-président.
