Qui ose parler de paix dans l'est de la RDC ?
Des affrontements ont repris entre rebelles et forces gouvernementales dans le Sud-Kivu.

- Publié le 13-08-2025 à 14h53

Près d'un mois après la signature à Doha, au Qatar, d'un texte commun entre le pouvoir congolais et les rebelles de l'AFC/M23 qui devait permettre de ramener la paix dans l'est de la RDC, force est de constater que les armes ne se sont toujours pas tues.
Pis, alors qu'une accalmie substantielle sur le front armé était une réalité depuis plusieurs semaines, de nouveaux affrontements ont éclaté dans la province du Sud-Kivu entre les rebelles et l'armée congolaise appuyée par des milices wazalendo, une terminologie "patriotique" derrière laquelle se sont réfugiés des dizaines de groupuscules criminels qui sévissent depuis des années dans la région en pillant, violant et massacrant la population civile.
Des combats violents, notamment à l'arme lourde, ont été signalés depuis plusieurs jours dans la région de Mulamba. Les troupes de l'AFC/M23 auraient, selon certains témoignages locaux, mis en déroute les wazalendo qui sévissaient dans la localité.
Réarmement
Les deux camps se renvoient la responsabilité de la reprise de ces affrontements et multiplient les déclarations victorieuses.
Mais dans le Sud-Kivu, des voix se font entendre depuis plusieurs jours, voire semaines pour signaler des mouvements d'importants contingents d'hommes et de matériels militaires dans la région d'Uvira, l'autre grande ville du Sud-Kivu, plantée sur les rives du lac Tanganyika, à la frontière avec le Burundi. Un autre front semble aussi s'esquisser dans la région de Walikale plus à l'ouest.
Des bruits de bottes qui jettent une autre lumière sur les très difficiles négociations de paix de Doha où l'AFC/M23 et le gouvernement congolais brillent désormais par leur absence. La paralysie est évidente et le mot échec aurait déjà été prononcé si l'ombre de Washington – qui négocie par ailleurs une pax economica entre Kigali et Kinshasa pour tenter de mettre la main sur des matières premières dont ont besoin les Américains – ne planait sur ces discussions. La défiance est totale entre les deux camps. Félix Tshisekedi, le président congolais, estime toujours que le mouvement rebelle n'est qu'une officine de Kigali. Le chemin vers la paix s'annonce encore bien compliqué dans l'est de la RDC.