Le Hezbollah rejette l'accord de cessez-le-feu
La milice chiite libanaise voulait un accord "global" de trêve valable pour tout le Liban et le retrait de l'armée israélienne.

- Publié le 04-06-2026 à 19h19

Israël menait des raids jeudi dans le sud et l'est du Liban et a annoncé se réserver le droit de frapper Beyrouth, peu après l'annonce à Washington d'un accord entre les deux pays. Le cessez-le-feu "global et définitif" envisagé dans celui-ci est conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah, que les Gardiens de la révolution iraniens ont dit jeudi soutenir par "devoir". L'armée idéologique de la République islamique a annoncé qu'elle entendait poursuivre l'objectif d'un retrait de Tsahal "aux positions qu'elle occupait avant le début de la guerre" contre l'Iran, fin février. L'armée israélienne maintenait alors cinq positions dans cette région du sud du Liban, malgré un cessez-le-feu de novembre 2024 qui avait refermé le conflit l'opposant au Hezbollah depuis le lendemain du 7 octobre 2023. Quant au cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril dernier, il est resté lettre morte.
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Qassem a quant à lui réclamé un "cessez-le-feu global" au Liban ainsi que le retrait israélien du pays, appelant Beyrouth à "arrêter la mascarade" des négociations avec Israël. "Le cessez-le-feu doit être global, sans dissocier le sud du reste du pays, et sans liberté de tuer pour l'ennemi au Liban", a déclaré cheikh Qassem dans un message diffusé par la chaîne de son parti. Le chef du mouvement islamiste chiite a souligné sans surprise qu'il n'y aurait "pas de sécurité" pour le nord d'Israël "sans sécurité pour les villages" du sud du Liban. "Tant que l'occupation est présente, la résistance continue", a-t-il averti.
"Dernière chance"
L'accord annoncé mercredi à Washington après un quatrième tour de négociations entre Israël et le Liban sous l'égide des États-Unis constitue "la dernière chance pour parvenir à un cessez-le-feu global et définitif" avec Israël, avait affirmé plus tôt jeudi le président libanais Joseph Aoun, précisant attendre "la réponse" du Hezbollah pro-iranien. L'accord était en effet conditionné à un "arrêt complet" des tirs de la milice libanaise.
Le chef de l'État libanais avait ajouté qu'en cas d'engagement de toutes les parties pour un cessez-le-feu, le président américain serait "le garant" de son application. "Chaque partie doit assumer la responsabilité si elle ne répond pas favorablement", avait-il ajouté.
L'accord prévoit "la liberté d'action pour Israël, avec l'aval des États-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs sur les localités et le territoire israéliens", a affirmé le ministre de la Défense, Israël Katz. L'armée israélienne a renouvelé jeudi son appel à évacuer toute la zone située au sud du fleuve Zahrani, à quelque 40 kilomètres au nord de la frontière, car les troupes "continuent de viser" dans ce secteur des infrastructures du Hezbollah.