Météo : le retour de la douceur masque une réalité inquiétante
Après un week-end marqué par le retour de la pluie et un début de semaine plus frais que la normale, cette tendance ne sera que temporaire. Pendant ce temps, la sécheresse continue de s'étendre.

- Publié le 05-05-2025 à 18h38
Après une fin de semaine très chaude, le week-end a plutôt été marqué par un léger rafraîchissement. Mais le tableau météo des prochains jours s'annonce plus doux, voire franchement agréable, plus on avancera dans la semaine. "On commencera la semaine avec des températures 2 à 3 °C sous les normales, mais elles vont progressivement remonter, indique Pascal Mormal, météorologue à l'IRM. Dès jeudi, les maximales franchiront à nouveau la barre des 20 °C, avec un temps ensoleillé et un risque de pluie extrêmement limité jusqu'à la fin de la semaine prochaine."
Ce retour à la douceur s'inscrit dans une tendance marquée : les températures de ce printemps météorologique (commencé le 1er mars) atteignent déjà 10,6 °C en moyenne, soit la 4e valeur la plus élevée jamais enregistrée sur cette période. Le soleil, lui aussi, brille plus que la normale : 477 heures et 36 minutes d'ensoleillement depuis le 1er mars, ce qui classe cette période juste derrière le record de 2011.
Mais il ne faut pas oublier que cela masque une réalité plus inquiétante : la sécheresse s'aggrave, sur certaines régions du pays. "Les quelques pluies observées récemment n'ont rien arrangé, précise Mormal. Si certaines régions de l'est du pays ont été un peu mieux arrosées, l'ouest de la Belgique – tout ce qui se situe à l'ouest d'une ligne Anvers-Bruxelles-Mons – souffre d'une sécheresse qualifiée d''extrême'. Uccle, par exemple, n'a reçu que 2 litres par mètre carré ce week-end, quand d'autres régions du sud ont eu droit à des orages de 10, 20, voire 30 litres. Depuis le 1er mars, seuls 30,5 mm de pluie ont été mesurés, bien loin de la normale de 112,7 mm. Il s'agit de la deuxième valeur la plus basse jamais observée sur cette période, après celle de 1893", détaille encore Pascal Mormal.
Le constat est clair : la sécheresse de surface s'aggrave, avec très peu de pluie attendue dans les dix prochains jours – à peine 2 ou 3 mm sur l'ensemble du pays. Et pour la suite ? Faut-il craindre un été caniculaire ? "Le scénario chaud est largement dominant pour les mois à venir, estime Pascal Mormal. Il est quasiment exclu d'avoir un été plus frais que la normale. Côté précipitations, le signal est plus neutre, mais la situation actuelle pourrait influencer les semaines à venir. Car un temps durablement sec rend l'air moins humide et participe au blocage."
Un élément de stabilité rassurant demeure néanmoins. "Les nappes phréatiques restent à un bon niveau, grâce aux 18 mois très humides que nous avons connus auparavant. C'est un matelas de sécurité bienvenu pour éviter une sécheresse en profondeur, mais les agriculteurs doivent déjà composer avec des sols très secs", conclut le météorologue.