Le secteur horeca demande une baisse de la TVA : "Il existe une injustice fiscale, on a besoin d'un électrochoc"
Pour Matthieu Léonard, le président de la Fédération Horeca Bruxelles, tout un type d'établissements sont actuellement en danger.

- Publié le 08-01-2025 à 08h30
- Mis à jour le 08-01-2025 à 09h30

Alors que les négociateurs du futur probable gouvernement fédéral sont en train de discuter fiscalité, le secteur Horeca tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. "Nous avons subi un nombre record de faillites l'année dernière, rappelle Matthieu Léonard, le patron de la Fédération Horeca Bruxelles. Et l'avenir s'annonce sombre, avec une nouvelle indexation des salaires dès ce mois de janvier. Cela fait une augmentation du coût du personnel de plus de 30 % en quatre ans".
Il n'est pas logique que vous payiez 21 % de TVA sur une bouteille d'eau lorsque vous la consommez intra-muros, alors qu'elle n'est plus que de 6 % lorsque vous l'emportez."
Selon lui, les restaurants ne savent plus répercuter cette hausse sur la note du client. "On n'a pas réussi à sortir la tête de l'eau depuis la crise sanitaire. Plus que jamais, on a besoin d électrochoc". Matthieu Léonard l'affirme : une mesure devrait être prise d'urgence par le gouvernement. Il s'agit de diminuer le taux de TVA sur les repas (actuellement à 12 %) et les boissons non alcoolisées (21 %) pour le faire passer à 6 %. "On comprend l'intérêt de pousser les gens à consommer moins d'alcool et nous ne plaidons pas pour la diminution de la taxe sur ce type de boisson".
Le représentant de l'Horeca parle d'une injustice fiscale. "Les bars et les restaurants paient des taxes plus élevées que partout ailleurs. Il n'est pas logique que vous payiez 21 % de TVA sur une bouteille d'eau lorsque vous la consommez intra-muros, alors qu'elle n'est plus que de 6 % lorsque vous l'emportez. C'est la même chose pour les repas. On doit pouvoir unifier une taxe pour un même produit".
Pour M. Léonard, il y va de la survie d'un certain type d'établissements. "Toute une restauration, celle traditionnelle qui vous permet de consommer sur place, celle qui emploie le plus de personnel aujourd'hui, risque de disparaître. Ce sont aussi ces restaurants qui ont le moins de possibilités de réaliser des économies d'échelles contrairement aux grands groupes et aux fast-foods qui peuvent vendre au travers des plateformes en bénéficiant d'une TVA allégée".
Si le futur gouvernement Arizona n'intervient pas rapidement, Matthieu Léonard craint d'arriver à un horeca à "deux vitesses". "Soit des établissements vous vendront de la nourriture médiocre à des prix bon marché, soit vous aurez droit à de la nourriture de qualité dans un cadre agréable, mais à des prix inaccessibles pour la plupart des bourses."
D'après le président de la fédération, cette mesure de baisse de la TVA est d'autant plus souhaitée qu'elle avait fait ses preuves lorsqu'elle avait été adoptée temporairement lors de la crise de Covid. "C'est vraiment la mesure qui a sauvé notre secteur, davantage que toutes ces aides publiques".
