Ryanair réclame 15 000 euros à un passager "au comportement inexcusable" : "Nous allons appliquer une politique de tolérance zéro"
Le comportement du passager avait obligé l'équipage à dérouter un vol entre Dublin et Lanzarote. "Il est bien interdit de conduire sous influence et, pourtant, nous continuons de placer des gens en état d'ébriété dans des avions à 10 000 mètres d'altitude", s'inquiète Michael O'Leary, le patron de Ryanair.

- Publié le 08-01-2025 à 12h04
- Mis à jour le 08-01-2025 à 12h08

De mémoire, c'est une première. Ryanair vient d'intenter une action en justice contre un passager qui, selon elle, a perturbé un vol et a obligé l'un de ses avions à se dérouter. La compagnie irlandaise demande 15 000 euros au passager dont elle ne cite pas le nom, ni n'explique exactement ce qu'il a fait.
Selon Ryanair, le "comportement inexcusable" du passager, sur un vol de Dublin vers l'île espagnole de Lanzarote, le 9 avril 2024, a forcé l'avion à se dérouter vers la ville portugaise de Porto où il a été retardé pendant la nuit. Les Irlandais veulent que ce passager rembourse "les frais d'hébergement, les dépenses des passagers et les frais d'atterrissage", soit 15 000 euros. "Il est tout à fait inacceptable que des passagers qui travaillent dur pour profiter d'un voyage en famille ou entre amis soient privés de ce plaisir à cause du comportement d'un seul passager".
De plus en plus de passagers "perturbateurs"
Plusieurs compagnies aériennes européennes, dont Ryanair, ont constaté un "pic" de passagers "perturbateurs" à bord de leurs avions, "en particulier cet été". Même si l'on ne connaît pas exactement ce qu'il s'est passé sur ce vol entre Dublin et Lanzarote, une grande majorité des perturbations sont causées par des passagers fortement alcoolisés. Certaines lignes, notamment entre le Royaume-Uni et Ibiza ou les îles grecques, sont particulièrement touchées par ce phénomène. Des passagers, parfois par groupe entier, arrivent ainsi déjà fortement éméchés dans l'avion. Cet été, il y a aussi eu quelques cas de bagarres qui ont provoqué des atterrissages en urgence.
Le patron du groupe Ryanair, Michael O'Leary, a ainsi plusieurs fois demandé aux aéroports de limiter à deux le nombre de boissons alcoolisées pour les voyageurs. "Nous ne voulons pas interdire les gens de prendre un verre, expliquait, récemment, le boss irlandais à nos confrères du Daily Telegraph. Toutefois, il est bien interdit de conduire sous influence et, pourtant, nous continuons de placer des gens en état d'ébriété dans des avions à 10 000 mètres d'altitude".
Selon lui, il est "compliqué" pour les compagnies aériennes d'identifier les voyageurs saouls aux portes d'embarquement, en particulier quand de larges groupes doivent embarquer. "Tant qu'ils se tiennent debout et avancent, ils passeront. C'est après, une fois que le vol a décollé, que l'on constate les comportements déplacés. Avant, les personnes qui buvaient trop tombaient ou s'endormaient. Mais, désormais, ces passagers sont aussi sous l'influence de poudres ou de pilules. C'est un mélange. On est confronté à des comportements bien plus agressifs qui sont difficiles à gérer".
Ryanair espère que cette action dissuadera d'autres comportements perturbateurs sur les vols afin que les passagers et l'équipage puissent voyager dans un environnement "confortable et respectueux". "Nous allons appliquer une politique de tolérance zéro. Cette plainte n'est qu'un exemple des nombreuses conséquences auxquelles les passagers qui perturbent les vols seront désormais confrontés".
